Avec l’arrivée du printemps, la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) relance la "mission hérisson", une enquête de science participative destinée à évaluer la situation de l’espèce en France.

Avec l’arrivée du printemps, l’animal nocturne sort d’hibernation et se déplace pour reprendre des forces et trouver un partenaire de reproduction. C’est donc la période idéale pour l’observer.
Avec l’arrivée du printemps, l’animal nocturne sort d’hibernation et se déplace pour reprendre des forces et trouver un partenaire de reproduction. C’est donc la période idéale pour l’observer. © Radio France / Sylvie Johnsson

Comment le hérisson se porte-t-il en France ? "Impossible à dire. On n’a pas les chiffres", explique Marjorie Poitevin, responsable de la mission hérisson à la LPO. Pour tenter d’y remédier, l’association de défense de la faune sauvage a lancé l’été dernier une vaste étude destinée à recenser l’espèce sur le territoire, et à observer son évolution sur plusieurs années.

"En été, on les entend passer, avec tout le bruit que fait un hérisson. C’est vraiment pas discret !", sourit Camille Nerestan, l’une des 900 participants que compte déjà l’enquête. Avec l’arrivée du printemps, l’animal nocturne sort d’hibernation et se déplace pour reprendre des forces et trouver un partenaire de reproduction. C’est donc la période idéale pour l’observer.

Enquête participative

L’association propose à tous ceux qui le veulent, qu'ils aient déjà observé un hérisson ou non, d’installer, à raison de vingt nuits par an, un tunnel à empreintes dans leur jardin ou dans n’importe quel lieu public. Appâté par des croquettes pour chat, le petit animal piquant entre dans le tunnel, marche sur une bande d’encre et dépose ses empreintes sur une feuille de papier blanc lors de son passage. Le lendemain matin, il ne reste plus qu’à photographier les empreintes et les publier sur le site pour validation par les autres participants. Depuis l’été dernier, Camille Nerestan a pu observer des empreintes de hérissons à plusieurs reprises. Elle les conserve précieusement dans un dossier. "On dirait des petites mains de bébé", s’amuse-t-elle.

Espèce menacée ?

Victime des automobilistes, des tondeuses à gazon ou des attaques de chiens, le hérisson a été classé "espèce protégée" en 1981. Et une étude similaire à celle menée par la LPO, réalisée en Angleterre, a montré le déclin d’un tiers de la population de hérissons en une vingtaine d’années. "Il n’y a aucune raison que la tendance observée en Angleterre ne se vérifie pas en France", souligne Marjorie Poitevin. L’enquête doit durer entre cinq et dix ans, afin d’être la plus proche de la réalité possible.