Il y a 10 jours, une jeune arbitre de 19 ans a été insultée et frappée sur la pelouse lors d'un match de district dans le Val d'Oise. "Cela risque de décourager des jeunes filles", craint l'un des représentants des arbitres amateurs.

Une femme arbitre en Allemagne, image d'illustration
Une femme arbitre en Allemagne, image d'illustration © AFP / dpa

C’est la première fois qu’une agression aussi violente touche le football amateur. L'histoire remonte à la surface avec dix jours de retard. Dans le Val d'Oise, une jeune femme arbitre a été insultée et frappée au visage lors d’un match de district opposant des joueurs de moins de 18 ans, dimanche 11 octobre. Une agression qui fragilise l’arbitrage féminin déjà largement minoritaire dans le football amateur : une femme pour 23 hommes. Une commission de discipline départementale doit se réunir d’ici la fin du mois.

Un éducateur virulent 

Il reste un quart d’heure de jeu ce dimanche sur la pelouse du complexe Mandela à Pontoise. La jeune arbitre, âgée de 19 ans, sort un carton rouge pour l’un des joueurs de l’équipe hôte. Un éducateur, déjà averti en début de rencontre, se précipite sur la pelouse et s’en prend à elle, en proférant d'abord des insultes sexistes

"Elle a reçu un coup, un coup de coude à la bouche", raconte Alain Sars, ancien arbitre international, aujourd’hui directeur technique adjoint à la Fédération française de football, chargé de l’arbitrage amateur. "Heureusement elle n’a pas de fracture mais elle a dû arrêter le match à la 75e minute car sa sécurité n’était plus assurée." 

"Chaque arbitre agressé, c'est 100 qui arrêtent."

Depuis, la jeune étudiante a de nouveau arbitré, mais un match féminin. Elle devrait porter plainte au pénal. Par ailleurs, une instruction a été ouverte par le district du Val-d'Oise, la commission de discipline se réunira à la fin du mois. L'éducateur, sanctionné déjà par son propre club, pourrait alors écoper de plusieurs années d’interdiction d’exercice dans le football.

Mais le mal est peut-être déjà fait. "Un cas comme celui-là risque de décourager nombre de jeunes filles que nous essayions de recruter", regrette Jean-Jaques Demarez, le président de l'Union nationale des arbitres de football. 

"Il faut savoir que chaque arbitre agressé, c’est 100 arbitres qui arrêtent dans le même secteur" 

Ces trois dernières années, le nombre de femmes arbitres amateurs avait augmenté de presque 50% en France passant de 800 à plus de 1100.

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