Une marche aura lieu cet après-midi à Pantin, près de Paris, en hommage à la directrice d'école Christine Renon, un an après son suicide. Le ministère de l'Education nationale avait promis d'améliorer les conditions de travail des directeurs d'école, mais pour l'instant, ils sont toujours en attente.

École Méhul à Pantin où travaillait Christine Renon
École Méhul à Pantin où travaillait Christine Renon © Radio France / Hajera Mohammad

Le 21 septembre 2019, Christine Renon, directrice de l'école maternelle Méhul à Pantin, s'est donné la mort au sein de son établissement. Dans une lettre écrite le jour-même, elle dénonçait la dureté de ses conditions de travail. Sa lettre avait ému car elle y dénonçait ses conditions de travail. Beaucoup de directeurs s'étaient reconnus dans ses propos et le ministère de l'Education nationale avait promis d'améliorer leur situation.

Le suicide de Christine Renon est désormais devenu le symbole de la détresse des directeurs et directrices d’école. Ils sont 45 000 en France. 

Le ministère avait lancé une grande consultation des directeurs, une proposition de loi est en cours. Alors est-ce que les choses ont changé depuis un an ? 

4 000 postes de directeurs  vacants

Aujourd'hui, 4 000 postes de directeurs seraient vacants, d'après les syndicats, cela représente 9% des écoles. La fonction n'attire plus. Et la crise du Covid n'a fait qu'amplifier le malaise des directeurs. En 2018, une enquête de Georges Fotinos, ancien inspecteur de l'Education nationale, montrait une déjà une dégradation du moral des directeurs. Près de 60% se déclaraient en burn-out.

Pour Loïc, directeur d'une école près de Limoges, "il n'y a rien de nouveau sur les décharges de direction, on a eu plus de responsabilités en raison de la crise du covid, et on n' a pas eu de temps supplémentaires, donc  il n'y a que des changements négatifs, dans le mauvais sens".  Ce directeur qui enseigne à des CM2 dispose d'un jour de décharge par semaine pour s'occuper de la direction de son établissement, et de 250 euros par mois à cette fin. 

Les directrices et directeurs se demandent quand ça va changer

"La situation n'a pas avancé", reconnaît Cécile Rilhac, députée LREM et auteure d'une proposition de loi sur les directeurs d'école qui doit encore être examinée par le Sénat. "Sur le terrain la seule chose c'est la prime de 450 euros décidée pour la période de confinement. Toutes les semaines des directeurs ou directrices m'appellent pour me demander quand les choses vont changer." 

Le ministère a mis en place des groupes de travail sur les décharges et les délégations de compétences depuis deux semaines mais les directeurs restent sceptiques.

Selon un rapport sénatorial il faudrait créer une véritable fonction de directeur d'école, l'idée étant plutôt de créer un emploi fonctionnel, avec une revalorisation indemnitaire et une clarification des responsabilités.