Une start-up française se lance auprès des créateurs de vidéos et leur promet une rémunération plus transparente que ce que Youtube leur propose aujourd'hui. uTip, c'est son nom, compte 350 000 abonnés et espère doubler son audience d'ici un an.

La plateforme uTip propose de rémunérer les vidéos quels que soient les sites où elles sont postées
La plateforme uTip propose de rémunérer les vidéos quels que soient les sites où elles sont postées © capture

Le Forum des images, en association avec CLIC Club Innovation et Culture France, lance la première édition de Stream Days, les 18 et 19 octobre. Ouverte au public et aux professionnels, la manifestation est dédiée à la création audiovisuelle pour le web. Désormais les youtubeurs ont leurs festivals, sont scrutés par les chaines de télé et parfois soutenus financièrement le CNC, initialement destiné au  cinéma. 

Les tutoriels, vidéos de profs, films de fan fiction, blogs vidéo sur l’art de vivre etc, sont de plus en plus sophistiqués, et créatifs. Jusqu’à présent, ils dépendaient de Youtube, et de son système de monétisation. Ils dupliquaient sur divers sites leurs vidéos et devaient surveiller tous ces canaux de diffusion.

Désormais la plateforme uTip.io propose de rassembler les comptes Youtube, Instagram et autres de chaque créateur, et de les rémunérer en fonction de la publicité que leurs fans acceptent de regarder. 

La publicité consentie

Ainsi sur la page uTipdes youtubeur.se.s, on visionne leurs fictions, leurs conseils beauté ou leurs cours d'histoire. On peut soit leur faire un don directement, soit accepter de visionner une publicité. Comme le précise Adrien Mennillo, co-fondateur, "ce n’est pas nous qui imposons aux internautes de regarder une publicité, c’est le créateur, qui leur dit 'si vous souhaitez me soutenir, acceptez de regarder cette pub". 

L'internaute a le choix de regarder ou pas, et il a aussi le choix de faire ou pas un don. uTip, qui pour l'instant n'est pas rentable, prélève 5% pour financer son développement. 

C’est le seul moment sur internet où on demande aux internautes s'ils acceptent de voir une pub, et qu’on leur dit où ira l’argent

Pour l'instant uTips, rassemble plus de 6 500 créateurs de contenus sur la plateforme. Ils sont 2 500 à frapper à sa porte chaque semaine. Les revenus des vidéastes sont affichés, ils varient de quelques dizaines d'euros à 2000 euros/mois pour les plus populaires. La plupart proposent des contenus sur les jeux vidéos, la vulgarisation scientifique, ou historique. Certains sont écrivains, podcasteurs ou graphistes. 

Pour décider de qui sera hébergé ou pas, uTips a établi une charte éditoriale et en assume l'interprétation au cas par cas. 

La page du youtubeur Notabene sur la plateforme uTip
La page du youtubeur Notabene sur la plateforme uTip / .

Des choix éditoriaux assumés

Adrien Menillo défend cette option car, dit-il, "on a fait ce choix que Youtube ne peut plus faire aujourd'hui, d’une charte des contenus. Nous refusons les contenus qui appellent à la haine, ceux qui sont exagérément violents. On refuse les chaines qui abusent de l’image des enfants comme Swann et Néo par exemple, ça, ce n'est pas la peine d’y penser. C’est une équipe qui décide et on assume l’idée d’être subjectif, et à la fin c’est notre interprétation de la charte qui fait foi."

uTips inclura bientôt des vidéastes dans un comité éditorial, chargés de repérer les talents autant que les contenus problématiques, à surveiller. Désormais c'est la tendance, "toutes les plateformes du monde vont vers ce type de fonctionnement", conclut le fondateur du site.

uTips est fréquenté par environ 1,5 millions, de visiteurs uniques par mois, dont 350 000 abonnés. 

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