Faut-il vacciner les femmes enceintes ? La Haute Autorité de santé ne le recommande pas, faute de recul sur les vaccins, qui sont très nouveaux, pourtant les obstétriciens le conseillent. Quant aux malades du cancer, là encore la question se pose au vu de leur fragilité.

Faut-il vacciner les femmes enceintes ? La Haute Autorité de santé ne le recommande pas, pourtant, les obstétriciens le conseillent.
Faut-il vacciner les femmes enceintes ? La Haute Autorité de santé ne le recommande pas, pourtant, les obstétriciens le conseillent. © AFP / dpa-Zentralbild / Waltraud Grubitzsch

Il y a débat, ou en tout cas quelques hésitations, quand on parle de vaccination des femmes enceintes ou des malades du cancer. Les essais cliniques menés sur les vaccins ne portaient pas sur les femmes enceintes : leur profil n'a pas été étudié et, faute de ce retour précieux, le principe de précaution s'impose. La Haute autorité de santé ne recommande pas le vaccin pendant la grossesse. Les obstétriciens peuvent toutefois le prescrire malgré tout, surtout si la femme présente des facteurs de risque, mais le feront-ils sans la recommandation ?

Le professeur d'obstétrique Olivier Picone craint que sans cette recommandation, les femmes ne le réclament pas. Il plaide pourtant pour la vaccination de la femme enceinte : "Il y a de nombreuses publications internationales qui montrent que les femmes enceintes ont deux à trois fois plus de risques de détresse respiratoire et de besoins en oxygène par rapport à des non femmes enceintes", explique-t-il. "Donc, c'est un risque non négligeable de complications."

Les malades du cancer sont plus fragiles face au virus

Pour les malades du cancer, la marche à suivre est également difficile à déterminer. L'oncologue Jean-Yves Blay préside Unicancer qui fédère les centres de lutte contre le cancer en France. Il est constamment interrogé là-dessus durant les consultations. De fait, les patients en phase active de traitement, chimio ou immunothérapie posent question, dit-il, car si on manque de recul sur leur réaction au vaccin, ils n'étaient pas non plus dans les essais cliniques. On sait aussi que leur fragilité face au virus devrait en faire un 'public prioritaire' : "On a tous observé qu'ils ont une mortalité plus importante dont on ne connaît pas très bien le mécanisme", explique Jean-Yves Blay. "Ce sont probablement plusieurs phénomènes qui entrent en ligne de compte : infection plus agressive et système immunitaire moins fonctionnel."

Pour l'oncologue, les patients en phase active de traitement peuvent être vaccinés, mais sous haute surveillance et dans le cadre d'essais cliniques ou de registre dédiés. Pour les patients déjà traités ou traités au long cours, il recommande sans restriction la vaccination.