Les immunodéprimés, pour qui l'on peut craindre une forme grave du Covid, sont aussi ceux qui réagissent le moins au vaccin, comme l'attestent des premières données scientifiques. Conscient de ce problème, le conseil d'orientation de la stratégie vaccinale pourrait bientôt préconiser pour eux une troisième dose.

Les patients qui ont des défenses immunitaires affaiblies par des traitements ne répondent pas aussi bien que les autres aux vaccins
Les patients qui ont des défenses immunitaires affaiblies par des traitements ne répondent pas aussi bien que les autres aux vaccins © AFP / Denis Charlet

Patients greffés, dialysés, sous chimiothérapie pour traiter un cancer, ou sous biothérapie, pour traiter une maladie inflammatoire... : ces patients ont des défenses immunitaires affaiblies par les traitements et ne répondent pas aussi bien que les autres aux vaccins, ils sont donc moins protégés. 

Malades après avoir reçu les deux doses de vaccin

Comme les personnes âgées voire très âgées répondent très bien aux vaccins Covid, ce qui n'était pas forcément gagné au départ, on a espéré que ce serait la même chose pour les immunodéprimés. Mais les premières études disponibles sont décevantes : ces publics, qui sont aussi parmi les plus susceptibles de faire une forme grave, fabriquent, après vaccination, peu voire pas du tout d'anticorps. Certains d'entre eux sont même tombés malades malgré les deux doses. 

C'est décevant, mais pas totalement surprenant estime l'infectiologue Odile Launay. On connait le phénomène pour d'autres vaccins, celui contre l'hépatite B notamment. Pour stimuler la défense chez ces patients, il faut augmenter les doses: "Avec l'hépatite B, la solution peut être soit de faire une troisième dose de vaccin, soit de faire des doubles doses – c’est-à-dire vacciner avec deux doses en même temps", précise Odile Launay. "Soit alors d'utiliser d'autres vaccins avec des adjuvants, car les adjuvants permettent d'augmenter la réponse immunitaire" explique l'infectiologue.

Quelle est la meilleure solution et pour qui ? 

Il faudra des essais cliniques pour le savoir. Déjà, un premier essai, CovPopart, vient de s'ouvrir en France pour quantifier précisément la réponse immunitaire au vaccin de 13 types de patients, souffrant de pathologies qui pourraient réduire leur réponse aux injections : les transplantés, les malades du cancer, les diabétiques, les patients VIH. On verra ensuite à quelle adaptation vaccinale ils répondent le mieux. 

Mais dans l'urgence, c'est le principe d'une troisième dose qui pourrait être décidé, associée à la vaccination systématique de l'entourage du patient.

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