Il n'y a pas de gros écarts entre les pays européens dans la campagne de vaccination et la France n'est pas plus à la traine que ses voisins directs comme l'Allemagne ou l'Italie.

Dans l'Union européenne, 3,3% de la population a reçu au moins une dose de vaccin antiCovid.
Dans l'Union européenne, 3,3% de la population a reçu au moins une dose de vaccin antiCovid. © AFP / Hans Lucas / Magali Cohen

C'est un enjeu mondial. La vaccination contre la Covid-19 a commencé à la fin de l'année 2020 et se poursuit, seulement un an après le début de l'épidémie. À l'échelle de la planète, la Chine et les États-Unis arrivent en tête de cette campagne, suivis de près par le Royaume-Uni : ce sont les pays à avoir administré le plus de doses de vaccin. Nos voisins britanniques, qui comptent par ailleurs le plus grand nombre de morts, devancent les pays de l'Union. Mais les règles adoptées y sont différentes que dans l'UE (sur l'écart entre les doses, notamment), l'approvisionnement bien différent.
Dans tout ça, comment s'en sortent les 27 ? Y'a-t-il des pays plus en avance que les autres ?  

Approvisionnement proportionnel

Pour les membres de l'Union européenne (le Royaume-Uni n'en fait plus partie depuis le 31 décembre), la quantité de doses livrées est proportionnelle à la population nationale, en raison des précommandes groupées effectuées par la Commission européenne auprès des différents laboratoires. Cela explique que, à peu de choses près, le classement ci-après corresponde à celui des pays les plus peuplés de l'UE. Ainsi, l'Allemagne, la France, l'Italie ou l'Espagne sont logiquement en tête. 

Les 27 dans un mouchoir de poche

Globalement, la campagne de vaccination avance à un rythme assez uniforme dans l'Union. Si on rapporte le nombre d'injections à la population totale, c'est Malte qui fait la course en tête. Suivent la Slovaquie, le Danemark ou la Pologne. La France et l'Allemagne sont respectivement en 16 et 17e position, devant l'Italie, 21e nation. Là encore, les membres de l'Union européenne se tiennent dans un mouchoir de poche : dans la plupart des pays, entre 2 et 4% de la population a reçu au moins une dose. C'est un peu plus de 3% pour la France, qui se situe dans la moyenne.

Il faut d'autant plus prendre en compte les différences de besoins selon les États et les différences d'organisation. Il est, par exemple, bien plus délicat d'approvisionner un grand qu'un petit pays. Certes, la négociation groupée des doses a permis de peser collectivement face aux laboratoires, notamment sur les prix des vaccins, mais cela limite la maîtrise et la souplesse du flux de doses reçues.

Pour contourner ce problème, la Hongrie a autorisé de façon unilatérale le vaccin russe, Spoutnik V, et le sérum chinois de Sinopharm. Les 550 000 premières doses de ce second vaccin sont d'ailleurs arrivées mardi en Hongrie. Environ 3 000 doses du vaccin russe étaient disponibles mi-février. Mais l'impact (ou pas) de ces commandes est encore impossible à observer. 

Accélérer le mouvement

Face aux critiques sur les retard dans la production et la livraison de vaccins et pour mettre les bouchées doubles, Bruxelles a approuvé un accord pour 300 millions de doses supplémentaires du vaccin Moderna, après un premier contrat conclu pour 160 millions. Au total, 33 millions de doses des vaccins de BioNTech-Pfizer, Moderna et AstraZeneca (les trois vaccins autorisés) ont d'ores et déjà été livrées aux États membres et 22 millions de personnes ont reçu au moins une dose (sept millions ont reçu les deux doses pour être totalement vaccinés). 

L'Union compte aussi sur la multiplication des possibilités : plus il y a de vaccins approuvés, plus la campagne pourrait, théoriquement, s'accélérer. Mardi, le géant pharmaceutique américain Johnson & Johnson a déposé une demande auprès de l'Agence européenne des médicaments (EMA) pour son sérum à injection unique et facile à conserver.