Critiqué pour la lenteur du début de campagne vaccinale, le ministre de la Santé Olivier Véran explique qu'il a fallu "roder la logistique". Mais si le défi logistique peut sembler important, c'est plutôt le choix du mode de vaccination qui explique le retard.

L'hôpital d'Orléans a reçu le lundi 28 décembre 2020 le congélateur à moins 70 degrés nécessaire pour conserver le vaccin Pfizer contre le Covid 19
L'hôpital d'Orléans a reçu le lundi 28 décembre 2020 le congélateur à moins 70 degrés nécessaire pour conserver le vaccin Pfizer contre le Covid 19 © Radio France / Anne Oger

Au 31 décembre 2020, 520.000 doses du vaccin Pfizer-BioNTech avait été livrées. Pendant tout le mois de janvier, la France en recevra 500.000 par semaine, avant une "montée en charge" en février explique à France Inter le ministère de la Santé.  Peut-on supposer alors que ce volume exceptionnel a pu jouer un rôle dans le retard pris par la France par rapport à ses voisins européens ?

"Pas du tout", répond Gerald Cavalier, qui préside Cémafroid, organisme chargé de certifier le respect de la chaîne du froid. "5.000 vaccins Pfizer BioNTech tiennent dans une boîte de 25 cm de côté. Certes, les emballages réfrigérés sont encombrants, mais deux semi-remorques suffisent à livrer un million et demi de doses, le défi n'est pas dans le volume."

Acheminés par Pfizer depuis la Belgique, les vaccins sont stockés dans 100 établissements hospitaliers (un par département) ainsi que sur six plateformes logistiques aux emplacements tenus secret pour des raisons de sécurité. Avant la livraison aux points de vaccination, le plus grand défi reste la conservation : à -70 degrés pour ce vaccin, le seul disponible actuellement. 

Certifier chaque maillon de la chaîne du froid

Pour s'assurer que la chaîne du froid est respectée, chaque maillon de la chaîne (emballages, véhicules, réfrigérateurs) doit être certifiée par un organisme indépendant. C'est la mission du Cémafroid, qui a mis les bouchées doubles ces dernières semaines, comme l'explique Gerald Cavalier :

"Nous intervenons sur site, sur tout le territoire, pour vérifier notamment les nouveaux "supercongélateurs" à -70 degrés. C'est notre priorité, ce qui nécessite de déprogrammer des interventions pour d'autres clients."

Jointe par France Inter, la Direction Générale de la Santé indique qu'au 6 janvier, 95 supercongélateurs ont été mis en service (dans les établissements hospitaliers recevant des vaccins), 98 le seront à la fin de la semaine. Il reste à livrer celui de la Guyane le 18 janvier, puis de Mayotte deux jours plus tard. N'ayant aucun Ehpad, l'île n'est pas jugée prioritaire.

Mais tout exceptionnelle qu'elle soit, la logistique n'explique pas la lenteur de ce début de campagne vaccinale. Outre les lourdeurs administratives, le choix d'emmener les vaccins jusqu'aux patients plutôt que de créer d'immenses "vaccinodromes" est déterminant. Un choix politique assumé par le ministre de la Santé qui, face à la polémique, a pourtant revu sa copie. 

Olivier Véran promet l'ouverture de 500 à 600 centres de vaccination en ville, d'ici la fin du mois de janvier.