Plusieurs associations de défense des sans-abri demandent la modification du calendrier vaccinal pour protéger au plus vite les populations les plus précaires.

Plusieurs ONG et associations plaident en faveur d'une remontée des sans-abri dans la liste des personnes à vacciner prioritairement.
Plusieurs ONG et associations plaident en faveur d'une remontée des sans-abri dans la liste des personnes à vacciner prioritairement. © Radio France / Nathanael Charbonnier

Ne pas les laisser de côté. À ce jour plus de 3,5 millions de personnes ont été vaccinées contre la Covid-19 en France. "Les objectifs sont tenus et restent les mêmes que fixés pour les semaines à venir", assure d'ailleurs la direction générale de la Santé. Et c'est dans ce contexte que les associations et ONG françaises demandent la modification de ce calendrier vaccinal pour les plus précaires et les sans-abris. D'après le prévisions, ces populations ne doivent être vaccinées qu'en phase 4, c'est-à-dire après le printemps. 

L'enjeu est de taille expliquent ces associations, quand on sait que près de 300.000 personnes en France vivent dans la rue et que la crise sanitaire a entraîné de nombreuses nouvelles autres personnes dans la précarité. Il faut les vacciner plus vite, réclament ces ONG. 

Plusieurs interrogations

Premier problème : sans carte vitale, pas de vaccination possible. Or, plus d'un sans-abri sur dix n'a aucune couverture médicale, aujourd'hui en France. "La priorité c'est de s'assurer que ces publics puissent accéder à des centres de vaccinations sans que leur statut juridique les empêchent d'être vaccinés", juge Corinne Torre, cheffe de mission chez Médecins sans Frontières. 

Autre question délicate, celle de la sensibilisation et le plus dur reste à venir, craignent les associations et ONG. La population précaire est très éloignée des préoccupations médicales, estime Philippe de Botton, médecin, président de Médecins du Monde. "Il faut lever certaines réticences, certains freins", explique-t-il. "Toutes ces personnes là ne veulent pas être vaccinées, donc les convaincre c'est très important, avoir un rôle de médiation, et on peut avoir ce rôle."

Enfin, les détails pratiques : Médecins du Monde ou Médecins sans frontières n'ont pas vocation à mettre en place des campagnes de vaccination. Contrairement au Samu Social, qui pourrait jouer le rôle de médiation. "On commence à envisager de pouvoir vacciner dans les centres de soins, mais aussi d'hébergement, en imaginant également des équipes mobiles qui pourraient proposer la vaccination dans des campements et en rue", ajoute Armelle Pasquet-Cadre, directrice du Pôle médical de l'association. Il faudra alors gérer une dernière difficulté : aller à la rencontre de ces populations précaires, tout en maintenant la chaîne du froid des vaccins