Une semaine après les annonces d’Emmanuel Macron, le site Doctolib enregistre plus de 3,7 millions de rendez-vous pour une première injection de vaccin anti-Covid. Moins connus et pourtant majoritaires dans certaines villes, d’autres sites proposent des créneaux de vaccination.

Au centre de vaccination de Dinan, en Bretagne, le 30 avril 2021.
Au centre de vaccination de Dinan, en Bretagne, le 30 avril 2021. © AFP / Martin Bertrand

Elle a été la première à mesurer la prise de conscience et la réaction des Français à l’allocution du Président la semaine dernière. Avec les restrictions liées à la vaccination et au pass sanitaire, la plateforme Doctolib a été prise d’assaut dans les minutes et jours suivants les annonces d’Emmanuel Macron. Plus de 3,7 millions de rendez-vous réservés pour une vaccination. Le site s’est imposé comme la référence. Mais il n’est pas le seul à recenser les disponibilités dans les centres de vaccination. Deux concurrents essaient de se démarquer : Maiia et KelDoc. 

Une opération non rentable

Il y a un an demi, Maiia n’existait pas. Créée en plein confinement au printemps dernier, cette start-up spécialisée dans la consultation et la prise de rendez-vous médicaux compte aujourd’hui 200 salariés. Si elle grossit si vite, c’est notamment grâce à la campagne de vaccination. "Avant, très peu de français connaissait Maiia" concède Matthieu Bécamel, directeur marketing dans la filiale du groupe d'informatique médicale Cegedim. Un accélérateur de notoriété qui n’a pas forcément rempli les caisses de l’entreprise : "Cette campagne de vaccination nous a coûté beaucoup d’argent, on n’a pas été rentables sur l’opération. Vous mobilisez des centaines de personnes pour aller démarcher les centres de vaccination, les accompagner, les former. Il a fallu investir pour respecter le cahier des charges du gouvernement." Ce qui coûte cher, c’est l’accompagnement, la relation avec les centres, le service après-vente d’une certaine manière, mais aussi la construction d'un site capable d'absorber plusieurs milliers de connexion sans planter. Aujourd'hui, Maiia espère convaincre ses nouveaux usagers, les amener vers le cœur de Maiia, la téléconsultation. 

Matthieu Bécamel, directeur marketing dans la filiale du groupe d'informatique médicale Cegedim
Matthieu Bécamel, directeur marketing dans la filiale du groupe d'informatique médicale Cegedim © Radio France / Victor Vasseur
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Les trois plateformes, même la plus connue, ne sont pas présentes dans chaque ville. Depuis le début de la campagne de vaccination, trois millions de créneaux ont été réservés chez Maiia. La troisième plateforme, KelDoc (l'un des pionniers de la prise de rendez-vous en ligne), recense cinq millions de rendez-vous, et compte faire le double d’ici la fin de l’année. En Isère, dans la Somme, les Côtes-d’Armor, la plupart des créneaux de réservations se réalisent via ce site. "On est également très présent en Martinique et en Guadeloupe, où il y a une trentaine de centres. On est seul à La Réunion" complète Jean-Louis Baudet, le responsable des opérations vaccination Covid chez KelDoc, une start-up du groupe NEHS Digital. "On gère aussi le plus grand centre de vaccination de Toulouse, avec 12 500 doses injectés samedi, 10 000 dimanche. Une trentaine de centres dans le département passe par notre site". Et en cette période de vacances, Jean-Louis Baudet craint que de futurs vacanciers se tournent seulement vers son concurrent : 

Le problème des touristes en villégiature va se poser. Ils sont en vacances et ne sont pas au courant de l’offre vaccinale, ils auront le réflexe d’aller sur Doctolib. Sincèrement, il y a des territoires où ils ne vont rien trouver.

Au début de l’année, une bataille s’est engagée entre ces sociétés privées, pour tirer son épingle du jeu lorsque les centres de vaccination ont dû choisir la plateforme de réservations : "Quand vous ne connaissez qu’un seul acteur, vous pensez à lui et vous travaillez avec lui. On a eu la double peine" relate Matthieu Bécamel, de Maiia. "Parfois certains ne connaissaient aucun des trois acteurs, on a donc du montrer pourquoi on était la meilleure solution pour eux. Pour d’autres, on devait expliquer les différences et tenter ensuite de les convaincre de nous suivre. On a eu beaucoup de passages de nos concurrents à chez nous" se souvient le directeur marketing, citant le centre vaccinal du stade Vélodrome, l’une des prises de la start-up.

700 000 rendez-vous ont été pris en une semaine sur Keldoc, dont 350 000 premières injections.
700 000 rendez-vous ont été pris en une semaine sur Keldoc, dont 350 000 premières injections. © Radio France / Victor Vasseur

Réfléchir à l'après campagne de vaccination

Depuis les annonces d’Emmanuel Macron, 350 000 rendez-vous pour une première dose ont été pris via le site KelDoc. Et peu importe la plateforme, il faut à présent être patient pour trouver un créneau. "Le réflexe pour avoir l’offre vaccinale la plus large possible au niveau d’un territoire est de passer par santé.fr ou la plateforme Vitemadose" précise Jean-Louis Baudet. "Vous aurez l’intégralité de l’offre vaccinale, y compris par les infirmiers libéraux, les pharmacies, les médecins généralistes. Il faut éviter le prisme absolu Doctolib. Dans des territoires, il peut y avoir beaucoup de déconvenue."

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La campagne de vaccination va durer un temps, les grands centres de vaccination ne seront pas éternels et la start-up Maiia en a bien conscience. Matthieu Bécamel se projette : "Si on a un rappel à faire tous les ans, les médecins de ville et les pharmacies auront un rôle à jouer, ou bien dans les entreprises, avec la médecine du travail." Et une fois de plus, la plateforme voudrait faire office d’intermédiaire, "ça deviendra une routine" conclu le porte-parole de Maiia.