Les trois variants de la Covid-19 identifiés jusqu'ici, l'anglais, le sud-africain et le brésilien, circulent déjà en France. Les vaccins sur le marché n'ont pas été conçus pour prendre en compte ces mutations, alors quelles sont les stratégies vaccinales envisageables pour que les vaccins restent efficaces ?

Une solution pour contourner les variants pourrait être de donner un première dose du AstraZeneca, suivie par la première dose d'un Spoutnik V
Une solution pour contourner les variants pourrait être de donner un première dose du AstraZeneca, suivie par la première dose d'un Spoutnik V © AFP / Sputnik / Valeriy Melnikov

Plusieurs variants détectés au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil inquiètent depuis quelques semaines la communauté internationale. La proportion de cas suspectés d'être l'un de ces trois variants plus contagieux s'élevait, au 27 janvier, à 14% du total des cas détectés par Santé Publique France, selon des résultats encore préliminaires publiés jeudi. Au 7-8 janvier, la proportion du variant britannique avait été mesurée à 3,3% des cas positifs.

On sait que ces variants sont plus transmissibles, et on s'interroge maintenant sur l'efficacité des vaccins à leur encontre. Les interrogations sont particulièrement prononcées pour une mutation dite E484K, commune aux variants sud-africain et brésilien.

Combiner des vaccins ou des doses supplémentaires

Alors qu'on peine à vacciner tous ceux qui le souhaitent, il faut déjà envisager, à cause des variations du virus, d'autres modes de vaccination : utiliser une troisième dose, par exemple, ou combiner plusieurs vaccins en les utilisant l'un après l'autre.

"Il y a un essai clinique qui est prévu et qui envisage de tester, chez 100 personnes, la capacité de provoquer une réponse immunitaire d'un protocole qui met en œuvre, d'abord une première administration par le vaccin AstraZeneca, (adénovirus de chimpanzé) suivi par la première dose d'un Spoutnik V (adénovirus humain) et cet essai clinique devrait démarrer au mois de mars", explique Marie Paule Kieny, présidente du comité scientifique sur les vaccins.

Autre solution possible, l'utilisation, donc, de ce qu'on appelle une troisième dose, qui serait en fait un rappel, décrit Brigitte Autran, immunologue et membre du conseil d'orientation de la stratégie vaccinale. "Une solution consisterait à faire un rappel de vaccination avec les vaccins dont on dispose actuellement, tout simplement pour augmenter le titre d'anticorps et même si on perd de l'efficacité contre le variant sud-africain, on serait au-dessus des zones de protection et donc on resterait protégés. L'autre solution c'est de remplacer des vaccins, comme on le fait pour la grippe, adaptés à ces nouveaux variants." 

L'idée est de ne pas se laisser prendre de vitesse. La vigilance est extrême car on ignore quel variant va dominer la planète. Pour conserver un vaccin efficace, c'est maintenant qu'il faut étudier toutes les possibilités.

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