Les Victoires de la Musique fêtent leurs 35 ans cette année. Avec une sélection réduite à 8 catégories pour cette édition, les catégories des Victoires ont bien évolué depuis 1985 et les débuts de cette cérémonie. Retour sur celles qui ont disparu, des plus récentes aux plus insolites.

Grâce à la catégorie des albums pour enfants, Henri Dès a gagné trois Victoires de la Musique avant 2001
Grâce à la catégorie des albums pour enfants, Henri Dès a gagné trois Victoires de la Musique avant 2001 © Maxppp / .

En 1985, pour les premières Victoires de la Musique, qui se tenaient au Moulin-Rouge, récompensaient 19 catégories musicales par un trophée représentant une note de musique dans une sphère. Ce vendredi, il n'y aura que 8 trophées, des majestueux "V" en verre transparent, pour les artistes primés.

Tout au long de l'histoire des Victoires, qui célèbrent leurs 35 ans cette année, les récompenses et les catégories ont apparu, disparu, changé de nom, des genres musicaux nouveaux ont été mis en avant, etc. Retour sur les grandes évolutions du concours, jusqu'au grand big-bang de 2020 qui a vu disparaître cinq récompenses par genres : musiques du monde, rock, musiques électroniques, rap, musiques urbaines.

Les inamovibles 

Sur l'ensemble des catégories, trois seulement ont traversé toutes les époques : artiste féminine de l'année, artiste masculin de l'année, et chanson originale de l'année. Entre 1994 et 1997, la Victoire de l'interprète a toutefois connu un petit changement, avec une Victoire spécifique pour les artistes francophones mais pas Français, remise à Maurane, Khaled, Céline Dion et Teri Moïse.

La catégorie de l'album de chansons ou variétés de l'année, quant à elle, n'a été créée qu'en 2001. Elle est en réalité la scission de la catégorie "album de l'année", existante depuis le début, pour donner également naissance à la catégorie "album rock" (disparue cette année).

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Celles qui ont (beaucoup) changé de nom

La catégorie des révélations a connu un nombre incalculable de changements : née "Révélation variétés" en 1985, elle a été divisée en trois dès 1987 (masculin, féminin, groupe), avant de redevenir "Révélation de l'année" en 1997. Les actuels "album révélation" et "révélation scène" ne sont également arrivées qu'en 2001. Mais de 2005 à 2013, elles ont aussi cohabité avec un "Coup de cœur du public", issu du vote du public - qui aujourd'hui vote pour l'album révélation.

Si vous trouvez ce va-et-vient complexe, vous n'êtes pas prêts pour ce qui arrive : les musiques urbaines. Primées à partir de 1998, elles ont changé neuf fois de dénomination : d'abord associées aux musiques électroniques (sous le terme "musiques électronique, groove, dance") en 1998, elles ont ensuite été successivement "rap ou groove", "rap, reggae ou groove", "rap ou hip-hop", "rap, hip-hop ou R'n'B" et même "rap, ragga, hip-hop ou R'n'B". En 2002 seulement, une catégorie "album reggae ou ragga" de l'année a rapidement vu le jour. Quant à la victoire uniquement dédiée au genre "rap", elle a eu une courte carrière : créée et saluée en 2019, elle a fait les frais des nouvelles règles en 2020.

Les genres disparus

Jusqu'en 2008, les Victoires récompensaient aussi chaque année "l'album de musique originale de cinéma ou de télévision de l'année", prix prestigieux qu'ont reçu successivement Eric Serra (trois fois, pour "Subway", "Le Grand Bleu" et "Leon"), Air pour "Virgin Suicides" ou encore Emilie Simon pour "La marche de l'Empereur". Depuis 2008, seuls les César récompensent les musiques de film.

À plusieurs reprises entre 1985 et 2001, existait aussi la Victoire de l'album pour enfants, prix qui a permis à Dorothée de remporter un trophée, et à Henri Dès d'en remporter trois. Fait amusant : en 1992 et 1993, ce sont deux adaptations successives de "Pierre et le Loup" qui l'ont emporté, respectivement par Julien Clerc et Lambert Wilson. Et en 2001, parmi les nommés, figurait... la bande-originale de la série "Pokémon".

En 1985, 1986 et de 1992 à 1996, les Victoires ont aussi récompensé le meilleur album de variété instrumentale, deux fois remportées par Jean-Michel Jarre (rentré plus tard dans la catégorie "musiques électroniques"). On peut aussi citer les catégories liées au jazz et à la musique classique, qui ont été détachées en 1994 des Victoires, pour créer deux cérémonies spécifiques, diffusées à quelques jours d'écart de la cérémonie des Victoires "variétés".

Les étranges cohabitations

Deux catégories qui se ressemblent étrangement sans être les mêmes ? Les Victoires savent faire ! Ainsi, de 1990 à 1996, la catégorie "Concert de l'année" a cohabité avec le "Spectacle musical de l'année". La première s'est ainsi concentrée sur les tours de chant, récompensant par exemple le concert de Johnny Hallyday au Parc des Princes en 1994, quand la seconde récompensait le spectacle Starmania la même année.

En 1993, ce sont les cérémonies d'ouverture et de clôture des Jeux olympiques d'Albertville qui ont remporté une Victoire du meilleur spectacle de l'année. Depuis 1999, ces deux catégories ont fusionné. En revanche, de 2005 à 2012, à côté du meilleur concert ou spectacle musical, figurait aussi une catégorie consacrée au meilleur DVD musical.

Les catégories techniques

Dans les premières années, les Victoires ont aussi récompensé des personnalités de l'ombre : si vous ne connaissez pas Andy Scott ou Patrice Cramer, sachez qu'ils ont remporté, en 1985 et 1993, les Victoires de l'ingénieur du son de l'année (ainsi que Dominique Blanc-Francard en 1992).

Dans la même veine, la meilleure réalisation d'album et le meilleur musicien de studio ont été récompensés ces premières années, récompensant par exemple le bassiste Jannick Top ou le batteur Manu Katché. Les meilleurs producteurs de spectacles et les meilleures pochettes de disques ont aussi été récompensés, ainsi que les arrangeurs.

... et l'humour

C'est aujourd'hui surprenant, et pourtant c'était l'une des catégories historiques des Victoires : l'humour. De 1985 à 1998, les humoristes (ou spectacles humoristiques) ont également été récompensés lors de cette cérémonie. Les Inconnus ont ainsi gagné trois trophées, et Raymond Devos deux. Après la suppression de cette catégorie, il a fallu attendre près de 20 ans pour que les spectacles d'humour soient à nouveau mis à l'honneur dans une cérémonie de remise des prix, avec la création du Molière de l'Humour en 2016.

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