Longtemps vulgaire ou signe de l’infamie, il s’est banalisé et on assiste aujourd’hui à une explosion du nombre de tatoués. Depuis quand se tatoue-t-on la peau ? Et quel sens cela a-t-il ? Eléments de réponse dans l’émission Grand bien vous fasse d’Ali Rebeihi.

Tatouage de fleur d'une fleur de lotus
Tatouage de fleur d'une fleur de lotus © Getty / jjpoole

Le tatouage, un phénomène de masse

D’après une enquête Ipsos publiée dans La Croix en septembre 2018, 18% des Français sont tatoués. Ce que l’on pensait être un effet de mode est en train de devenir un phénomène de masse qui devrait aller croissant : les moins de 35 ans en France sont plus de 30% à être tatoués. 

Le tatouage, originaire de Tahiti

En 1769, le capitaine Cook relâche au large de Tahiti. Ses marins voient arriver une flotille d’insulaires tatoués dans des canoës, ce qui émerveille l’équipage du bateau. Le Capitaine Cook note dans son journal de bord que les Tahitiens nomment ces marques sur leur peau « tatoo ». Dans les jours qui suivent, marins et officiers se font tous tatouer. Le mot tahitien « tatau » signifie, marquer, frapper, blesser, dessiner. A l’époque, ces tatouages étaient assez douloureux. Aujourd’hui encore, ils le sont, mais moins.

On se tatoue la peau depuis les débuts de l’humanité

Le sociologue David Le Breton auteur de Signes d’identité, tatouages, piercings et autres marques corporelles pense que ce qui caractérise une société, c’est une manière de s’approprier le corps, d’y inscrire ses empreintes. Il estime que les premiers tatouages remontent à 50 000, 100 000 ans. Mais on n’a pas de traces. 

De ces époques, nous n’avons que des squelettes. Les premiers tatouages visibles sont des momies, dont le fameux Özti (homme momifié trouvé dans les Dolomites), il y a 5500 ans. On en trouve également sur des momies égyptiennes. Comme ces trouvailles sont éloignées on peut penser qu’il y avait une grande diffusion de ces pratiques. 

Longtemps signe de l’infamie

Pendant l’Antiquité, jusque récemment, quand il n’est pas ornement, le tatouage est la marque de l’infamie. Dans la Rome Antique, on tatoue ses esclaves, pour que leur statut saute aux yeux. Au Moyen-Age, la fleur de lys est le signe pour les condamnés et les réprouvés. Les galériens sont marqué « gal », les voleurs « v », les mendiants « m » et le code pénal de 1810 évoque le marquage pour les travaux forcés : « t ». Puis pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est la marque des déportés.  

Des marins aux stars du football

L’ornement corporel a d’abord touché le milieu des marins. Depuis les ports, il se diffuse dans les milieux interlopes, chez les soldats ou des personnes de milieu très populaire. Pendant longtemps, il va être machiste. Souvent mal vu, jugé vulgaire, c’est un signe de rébellion, ou de dissidence.

Il faut attendre les années 1980 aux Etats-Unis pour assister à une renaissance du tatouage

Ce sont les célébrités qui relancent la mode. Jack Nicholson, ou plus tard David Beckham dans les années 1990/2000. En s’en emparant, les stars légitiment le tatouage et lui enlève son coté péjoratif et vulgaire. 

Aujourd’hui, on assiste à une explosion du tatouage. Un phénomène difficile à dissocier du personnal branding (la mise en avant de soi-même). Les réseaux sociaux demandent à tous de se mettre en valeur. Se tatouer permet de montrer quelque chose de différent sur les photos de profil. 

📖  Quel sens, cet ornement corporel permanent a-t-il ?

🎧 : Regrettez-vous votre tatouage ? dans Grand bien vous fasse

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