Comment combattre le stress ? Faut-il réviser jusqu’à la dernière minute ? Le futur bachelier s’aide des annales ou des manuels ? Quelle attitude adopter en cas d'impasses ? Quelques conseils de spécialistes aux parents pour aider leur ado dans la dernière ligne droite avant le baccalauréat.

Épreuves du bac de philo au lycée Camus en 2018
Épreuves du bac de philo au lycée Camus en 2018 © Maxppp / Philipe Arnassan

Dans les émissions Le Téléphone sonne et dans le 5/7, la psychopraticienne Emmanuelle Piquet, la professeure d’histoire-Géographie Marie-Neige Coche, et le psychiatre, chef de service au CHU Henri-Mondor de Créteil, Antoine Perissolo ont donné quelques pistes aux parents pour accompagner leur enfant.

On commence par se détendre, soi-même

Emmanuelle Piquet : "A quelques jours du bac, le stress des parents face à aux épreuves du baccalauréat est souvent égal, voire deux fois supérieur à celui des enfants, pourtant les principaux concernés, et qui ont besoin de parents rassurants ! Pour cela, on suggère de faire confiance à son enfant et de se rappeler, que le baccalauréat n’est pas un concours mais un examen et que tout est fait pour que les élèves réussissent : il y a 90% d’admis !" 

On les rassure

Emmanuelle Piquet : "On peut leur dire : « Je comprends que tu aies peur, parce que ça fait peur. Même si ce n’est plus le Graal comme cela a été, si on ne l’a pas, il n’y a rien derrière. Je peux te faire un câlin, regarder une série (en VO, histoire de se mettre dans le bain de l’épreuve de langue) avec toi, te faire une tartine de pâte à tartiner, je te comprends parce que moi aussi j’ai eu peur, mais je suis là » Plutôt que : « Ce n’est rien, ça va bien se passer ! ».

Leur rappeler aussi qu’ils sont armés : ils ont quand même passé trois ans au lycée avant de se présenter à ce rite de passage."

On leur fait arrêter les révisions au moins deux heures avant

Antoine Perissolo : "Les élèves ne sont pas égaux : certains vont préférer relire leurs fiches jusqu’au dernier moment, d’autres auront besoin de plus de temps entre les révisions et l’épreuve. En revanche, deux heures avant l’épreuve,on lâche tout pour se détendre, aller au cinéma, penser à autre chose." 

En cas d’impasse : les manuels

Marie-Neige Coche : "Le mieux est de ne pas en faire, mais si jamais, on leur conseille de quand même jeter un œil sur leur manuel (plutôt que sur les annales) : à chaque début de chapitre sont résumées les notions minimum à connaitre. Que le futur bachelier se rappelle qu’on n’attend pas de lui du par cœur, mais surtout un raisonnement, et qu’il a compris ce dont il s’agit. Si en plus, c’est bien écrit et il y a des connaissances, c’est tant mieux !"

On leur rappelle de respirer

Antoine Perissolo : "Mal au ventre, bouffées de chaleur, tête qui tourne… Tous sont des symptômes du stress. Le corps est en alerte. La charge d’adrénaline se fixe souvent sur le ventre… Pour l’éviter ou le diminuer, le futur bachelier doit se détendre. Les parents peuvent leur rappeler de ne pas oublier de respirer par le ventre avant de s’endormir, avant et pendant l’épreuve… "

Marie-Neige Coche : "Et si ce week-end, il veut sortir, qu’il le fasse, mais sans se coucher trop tard, ni boire." 

S’ils n’ont pas réussi à contrôler et sont tétanisés par le stress : les licornes !

Marie-Neige Coche : "En cas de trou de mémoire, il ne faut surtout qu’il se dise : « concentre-toi, concentre-toi, tu le sais, tu le sais » qui rajoute du stress au stress, mais dites-lui de tourner la page et dessiner des licornes ou n’importe quoi pour se remettre en route de manière progressive et naturelle, puis de retourner sa feuille et de recommencer à écrire." 

Pour l’oral : mettre le stress sur la table

Emmanuelle Piquet : "En cas de panique à l’oral, il vaut mieux parler de son stress. On peut dire : « Pardonnez-moi, je suis stressé, il se peut que je bégaye ». A partir de ce moment-là, le stress est à l’extérieur et non plus à l’intérieur. Quand il est à l’intérieur, on essaye de se battre contre. C’est comme s’il y a avait deux personnes : l’une qui disait : « j’ai très très peur » et l’autre qui relativise beaucoup." 

Tisane et chocolat et pas de médicament

Antoine Perissolo : "Stresser est normal cela veut dire que l’enfant est mobilisé. Si l’angoisse devient trop intense, paralysante, proche de la crise de panique… l’envoyer consulter un médecin. Même s’il réclame une aide médicale, ce n’est pas aux parents de donner un comprimé. Sinon lui préparer une tisane, lui donner quelques carrés de chocolat ou un aliment qui fait plaisir." 

Le dernier conseil à donner

Fabienne Sintès : "On se concentre dès le début de l’examen : on lit, et on relit les consignes"

Après l’épreuve, on passe à la suivante

Marie-Neige Coche : "A la sortie, on ne refait pas le match : on évite de poser trop de questions pour vérifier s’il a bien répondu. On se mobilise sur l’épreuve suivante." 

Aller + Loin 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.