Tâches ménagères, charges familiales et contraintes professionnelles forment la fameuse "charge mentale". Peu à peu elles s’accumulent et envahissent notre esprit jusqu'à la surchauffe cérébrale. Comment l'éviter ? Voici quelques clefs pour alléger notre charge mentale.

Solutions pour mieux gérer la charge mentale
Solutions pour mieux gérer la charge mentale © Getty / sorbetto

Mathieu Vidard recevait dans sa Tête au Carré, Aurélia Schneider (psychiatre), Jean-Philippe Lachaux (directeur de recherche à l'Inserm au Centre de recherche en neurosciences de Lyon) et Sébastien Bolher (rédacteur en chef du magazine Cerveau & Psycho). Voici réunis ici les conseils donnés lors du débat.

Faire chaque jour une "to do list" 

Construire chaque jour une liste des tâches à faire dans la journée : cela permet de décharger sa mémoire. 

Attention, cette liste doit être limitée à quelques items seulement sans quoi elle devient au contraire une source d'angoisse. Jean-Philippe Lachaux souligne : "Si vous voulez vraiment regarder quelles sont vos priorités dans une journée, vous verrez qu'elles ne sont pas dix ou vingt : ce qui est vraiment important se compte sur les doigts d'une main". 

[À noter qu'une expérience a montré que cette pratique aidait aussi à mieux gérer les insomnies]

Planifier le temps alloué à chaque tâche 

Trouver des réflexes pour regrouper les tâches en grands blocs. Mettre en place des temps longs, une heure, une demi-heure, qui permettent de se concentrer, d'être complètement dans ce qu'on fait à la tâche du moment. 

Prendre garde aux alertes et notifications (mails, Facebook…) : leur attribuer des temps clairement définis entre ces temps longs, pour éviter de zapper d'un sujet à l'autre et disperser son attention inutilement. 

Planifier le temps alloué, par exemple, à son téléphone portable, grand vecteur de dispersion de l'attention. Donc, éviter de le regarder en permanence. (pour autant, le smartphone peut représenter un intérêt pour aider à gérer la charge mentale, par exemple si on y enregistre des rappels ce qui permet d'arrêter de penser aux tâches à accomplir).

Bien discerner les piliers de notre vie

Toutes les tâches ne sont pas du même registre : il y a des tâches d'ordre familial, d'autres d'ordre sentimental, professionnel ou de loisir... Pour tous ces domaines, il y a toujours des choses à planifier. 

Dans le tohu-bohu quotidien, on ne fait pas forcément le tri. Or, explique Sébastien Bolher : "à partir du moment où on essaie de regrouper chacun de nos actes mentaux en grand pilier de vie, on devient capable de voir si on a négligé un aspect par rapport à un autre. Il semble que la surcharge mentale devienne insupportable quand on néglige trop certains piliers de notre vie". Mieux vaut prendre le temps de localiser d'où viennent les problèmes et faire le tri entre tous les aspects de nos vies qui se télescopent.

Rechercher les situations qui minimisent les conflits internes

La charge mentale naît lorsqu'on ne peut jamais s'autoriser à être pleinement dans ce qu'on fait. Jean-Philippe Lachaux explique que la compétition entre des réseaux neuronaux dans le cerveau entraîne une perte d'énergie et une augmentation de la tension. 

Le cerveau peut être multitâche dès lors que les actions sont automatisées (ex : siffler en faisant du vélo) mais il ne peut pas être concentré sur deux problèmes en parallèle (ex : chercher des billets de train tout en répondant à une question d'un enfant)

Ne pas en faire trop

Cela paraît évident, mais on tend à l'oublier aujourd'hui. L'OMS recommande 48 heures d'activité par semaine, toutes activités confondues (heures de travail inclues). Et cela, que l'on soit adulte ou enfant ! La psychiatre Aurélia Schneider souligne une tendance nouvelle : elle voit arriver en consultation des enfants avec un planning de ministre (plus de 60 heures d'activité par semaine !).

► VOIR à ce sujet l'émission Les Maternelles : Faut-il laisser nos enfants s'ennuyer ?

📖 LIRE AUSSI Laissons nos enfants souffler ! (article à lire sur Cerveau & Psycho)

Instaurer des moments de pleine conscience

Trouver quelques moments dans la journée pour une activité où on ne pense plus à toutes ces choses qui nous polluent l'esprit, dans lesquelles on est à 100% de concentration, heureux et présent pleinement dans l'instant présent

Cela peut être dans son domaine professionnel quand il y a des défis qui sont à notre hauteur ou dans des hobbies. C'est par exemple l'état second que connaissent les artistes lorsqu'ils créent.

🎧 ECOUTER AUSSI les conseils de Christophe André, spécialiste de la méditation et de la pleine conscience

🎧 ECOUTER AUSSI L'édito carré : Mathieu Vidard lance un appel à faire des pauses pour le bien-être de notre cerveau.

Responsabiliser les enfants progressivement

Les enfants sont une grosse source de charge mentale car leur cerveau ne fonctionne pas de la même manière que les adultes et ils ne peuvent pas anticiper autant de choses - ce qui fait des parents, en quelque sorte, les "prothèses cérébrales" de leurs enfants : ils doivent penser à la place de leur progéniture. Épuisant tout autant qu'inévitable… Mais les enfants apprennent progressivement et les parents doivent les responsabiliser peu à peu.

Éviter la comparaison toxique

Nous sommes tous différents, ni mieux ni moins bien. Comme le disait Einstein :  

Tout le monde est un génie. Mais si on juge un poisson sur sa capacité à grimper à un arbre, il passera sa vie à croire qu'il est stupide 

Ça ne sert à rien de se fustiger inutilement de ne pas avoir réussi aussi bien qu'Untel.

Aller plus loin

🎧 ECOUTER La Tête au Carré sur la charge mentale

📖 LIRE AUSSI La charge mentale des femmes écrit par Aurélia Schneider (Larousse)

📖 LIRE AUSSI Un autre regard - tome 2 la BD d'Emma sur la charge mentale (Massot éditions ). Vous pouvez aussi suivre Emma sur son blog ici. 

Mise à jour 

Mise à jour le 7 février : Emma nous a contactés et souhaite préciser : "la meilleure solution est que le partenaire se mette à participer ! Tout est psychologisé, remis sur le dos des femmes qui sont trop dans le contrôle et veulent une maison trop propre. Je suis féministe et pour moi il s'agit d'un problème genré !" 

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