10 conseils pour les aider à apprendre. A l’heure des téléphones portables, et des distracteurs de plus en plus attractifs, comment aider nos ados à retrouver le chemin de la concentration, clef de leur réussite future ?

Comment aider nos enfants à se concentrer alors que tout est fait pour les distraire ?
Comment aider nos enfants à se concentrer alors que tout est fait pour les distraire ? © Getty / DreamPictures

Les conseils du psychologue clinicien, Didier Pleux, et de la chercheuse en sciences cognitives, Elena Pasquinelli dans l'émission Grand bien vous fasse d’Ali Rebeihi : 

La concentration, de quoi on parle ? 

La concentration, d’après Le Robert,

C’est l’application d’un effort intellectuel sur un seul objet. 

Pour Didier Pleux : 

Elle a la capacité d'exclure tout ce qui est parasite, ce que naturellement on aurait envie de faire : répondre sur son portable à un copain, regarder une vidéo sur Youtube, poster une photo sur Instagram ou sur Snapchat… Faire toute autre chose que ce qu’on est censé faire pour l’école : apprendre. Se concentrer est donc la capacité émotionnelle à être dans le difficile, et l’effort. 

L’attention et la concentration restent les bases de l’apprentissage et de la mémorisation. Or contrairement à ce qu’on imagine, notre cerveau n’a pas été transformé en machine multi-taches. Quand il y a trop de stimuli, il n’est pas capable de le gérer. Il jongle entre une activité et une autre. D’où une fatigue cognitive, et l’incapacité à mener à bien la tâche, et le risque de partir loin, loin, loin…

Rester focalisé sur une seule chose à la fois est difficile

On sous-estime la difficulté de se concentrer rappelle Elena Pasquinelli, Or ce n’est pas une chose naturelle, de s’arrêter sur quelque chose d’un peu déplaisant pour lequel, on n’a pas toujours de motivation

Plus naturellement, on est porté à faire attention à ce qui nous donne du plaisir rapide. Les distracteurs (téléphone portables, écrans de toutes sortes…) sont des « pâtisseries pour notre cerveau ». Souvent proches de nous, il est difficile de s’en détacher.

Parents, à vous de jouer !

Pour la concentration, contrairement à une idée reçue, les parents ont un rôle à jouer. L’attention et la concentration sont des choses qui s’apprennent. Il faut aider les jeunes à mettre en place des stratégies. 

  • Éloigner le téléphone portable

On les croit autonomes, or les ados ont encore besoin de l’aide des parents. Ils ne sont pas encore capables, quand ils sont dopés au smartphone, de l’éloigner seul. 

  • Organiser son bureau, et sa chambre

Les deux spécialistes de la concentration chez l’ado estiment que le lieu de l’apprentissage doit avoir le moins de stimulations extérieures possibles, et déconseillent, par exemple, le poster de l’équipe du PSG au dessus du bureau.

  • Se donner des objectifs clairs

Pour Didier Pleux, l’école est le lieu qui fait le lien entre les apprentissages et le futur professionnel. Même si cela met une pression sur l’enfant, cela donne un sens à ce qu’il apprend. 

Il conseille de faire une petite fiche avec les objectifs à long, moyen et long termes de l’enfant : « je veux être…, pour cela, il faut que je fasse telle école, pour entrer dans telle école, il faut que j’aille en telle prépa, pour cela il faut tel bac… Donc ce soir, je travaille l’anglais ».  

  • Accepter qu’apprendre ne se fait pas toujours dans le plaisir

Pour Elena Pasquinelli, il faut se détacher de l’idée d’apprendre sans effort. Autrement, on va chercher à tout prix une stratégie pour apprendre sans effort alors que c’est impossible.

Mais l’adulte peut aussi faire toucher du doigt à l’enfant l’idée que s’il souffre aujourd’hui, il souffrira moins demain et qu’apprendre permet d’automatiser, donc de réduire l’effort à venir.

  • L’aider à évacuer les idées parasites 

Et s’il y a des pensées parasites, c’est qu’il y a des émotions parasites : de l’angoisse ("Je ne vais pas y arriver..".), de la peur de l’échec ("Que vont penser mes parents si j’échoue ?"). Aider l’ado à se poser la question : "Qu’est-ce qui me bloque émotionnellement ?", c’est l’aider à se débarrasser de ses émotions négatives qui vont le détourner de la tache sur laquelle il doit se concentrer.

Certains pensent aussi qu’ils devraient comprendre tout de suite ce qu’on leur apprend : non, c’est la lenteur et la bonne assimilation qui fait progresser. Certains élèves sont complexés parce qu’ils voit le premier de la classe répondre instantanément. Ils n’ont pas vu le travail qu’il a fait avec son oncle le week-end précédent !

  • Relativiser les choses : un apprentissage est seulement un comportement

Les ados particulièrement anxieux se disent souvent avant de démarrer une tache scolaire : « est-ce que je vais bien faire ? » et derrière il y a l’idée que la note attribuée sera sa valeur. Il faut décoreller le résultat scolaire de l’image de soi : une bonne note ne veut pas dire, « tu es intelligent », une mauvaise, « tu es stupide ! » C’est trop risqué ! 

Le jour où le bon élève obtient une mauvaise note, elle n’est pas juste un accident qui peut arriver par manque de préparation, mais c’est un jugement sur soi. D’où coup la motivation s’écroule et la concentration avec. D’où l’importance de louer l’effort plus que le résultat. 

  • L’aider à prendre confiance en lui

Un ado conscient de ses potentialités lui permet une bonne concentration et une bonne attention.

  • Participer à la vie de la maison 

Didier Pleux croit que si on n’introduit pas du déplaisir dans la vie d’un ado, il va devenir fragile et vulnérable devant l’obstacle. Souvent à cause du livre Le Complexe du Homard de Françoise Dolto beaucoup de parents ont pris l’habitude de protéger leurs enfants. Ils sont devenus chauffeurs de taxi, banquiers, restaurateurs, ou hôteliers de leur progéniture. Donc l’ado ne fait rien à la maison. Or s’il ne fait n’a aucune contrainte, comment peut-il accepter la frustration devant un devoir ? 

  • Y aller doucement, séquencer

Souvent  les ados qui ont du mal à se concentrer vont vouloir prendre un gros morceau. Ils vont se jeter sur Proust, et vont vouloir lire 2000 pages d’un coup. Il faut leur dire, « Non, si tu veux lire Proust, on prend la technique du salami : 10 pages par 10 pages », comme un saucisson que l’on coupe en tranche, car si on ne le coupe qu’en trois morceaux, les  invités trouvent que c'est indigeste. 

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