Suffit-il de savoir qu’il faut bien manger pour maintenir un poids stable ? Comment arriver à avoir une relation saine avec les aliments ?

L'alimentation est aujourd'hui une star de notre quotidien, en sommes-nous les victimes ?
L'alimentation est aujourd'hui une star de notre quotidien, en sommes-nous les victimes ? © Getty / Alexander Spatari

Dans La Tête au Carré, Didier Chapelot, médecin spécialiste de la physiologie du comportement alimentaire, et Sébatien Bohler, journaliste scientifique se sont entretenus avec Mathieu Vidard au sujet de nos comportement alimentaires : comment ceux-ci fonctionnaient, avaient évolué avec les sociétés, et comment on pouvait essayer de les dompter. 

Sans surprise, se nourrir est une fonction pilotée par notre cerveau. C’est l’hypothalamus qui va contrôler l’envie de manger, avec l’aide notamment des hormones. Les scientifiques ont notamment observé le rôle de la ghréline, connue sous le nom d’"hormone de la faim", qui peut nous inciter à manger sans même que nous en ayons besoin. 

C’est par exemple, le bocal de confiseries posé sur une étagère qui nous fait de l’œil ou encore la vitrine d’une pâtisserie. La ghréline (dont la fonction par ailleurs est essentielle dans l’appétit) nous rend plus vulnérable aux stimuli provoquant la faim. 

Suffit-il de savoir qu’il faut bien manger pour maintenir un poids stable ? 

Au-delà du fait que l’alimentation est plus riche, plus grasse, plus sucrée, notre approche de celle-ci est aujourd’hui différente, car elle est surexposée (dans les photos que l’on partage, dans les hypermarchés gigantesques aux rayons infinis, dans la multiplication des services de restauration à volonté, dans les vidéos de recettes que l’on regarde avec gloutonnerie sur nos téléphones…). 

Ainsi le risque d’en faire quelque chose de déconnecté à nos réels besoins physiologiques est plus grand. C’est le fameux : manger sans faim.

Notre environnement nous expose sans cesse à cela, et c’est ce qui explique (en plus des inégalités sociales, de la multiplication des régimes, du mal-être) les problèmes d’obésité aujourd’hui. Didier Chapelot :

Il est prouvé qu’un des facteurs à risque pour passer à l’addiction, c’est l’accessibilité des substances. 

De plus, on peut être à un moment plus fragile et ce sans s’en rendre compte. L’alimentation devenant alors une réponse à notre état émotionnel incertain. Il est absolument nécessaire, si l’on constate un refuge dans l’alimentation, d’aller se poser la question de notre santé psychique avant tout. Manger n’est pas forcément signe de bonne santé. 

Comment arriver à avoir une relation saine avec les aliments ?

Toute une rééducation de notre comportement face aux aliments est à faire. Toute notre éducation est à repenser. En effet, elle nous dit depuis toujours que si on mange bien, on est un bon vivant* (ce qui a priori est plutôt une chose positive)

Les mentalités sont en train de changer : nous sommes en train de réaliser que le bien-être passe aussi par une nutrition équilibrée. À noter toutefois qu’on peut aussi y voir à travers les magazines, émissions de télé, réseaux sociaux… une sorte d’injonction à un mode de vie sain qui en devient étouffant. 

Comme mentionné précédemment, ne pas hésiter aussi à se poser la question : comment je vais (dans ma tête) ? 

Il existe aussi des petites astuces comme de ne pas "exposer" sa nourriture chez soi (éviter les bocaux transparents), de ne pas laisser traîner les plats sur la table trop longtemps ou encore d'utiliser des assiettes plus petites (les portions ayant ainsi l'air plus grandes, on a moins l'impression d'avoir faim après avoir terminé son assiette) qui permettent de reprendre un certain contrôle sur son mode d'alimentation. 

Pour conclure Didier Chapelot insiste sur le fait que faire de l’exercice physique reste le meilleur moyen de dompter son comportement alimentaire, et être attentif au fait d’avoir faim et de ne pas avoir faim. 

Aller plus loin

📖 LIRE | Calories, moral, santé… Les idées reçues sur le chocolat passées au crible de spécialistes de l'alimentation

🎧 ÉCOUTER | Les aliments ultra-transformés augmentent le risque de mortalité

🎧 ÉCOUTER | Métro, boulot, quinoa : comment échapper à la tyrannie du bien-être ? 

* Chanson du XVIème siècle : Qui veut chasser une migraine, n’a qu’à boire toujours du bon / et maintenir la table pleine de cervelas et de jambon / L'eau ne fait rien que pourrir le poumon / Boute boute, boute compagnon / Vide nous ce verre et nous le remplirons

📖  Pourquoi est-ce si difficile de ne pas boire d'alcool en France ? 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.