Il est navigateur. En 2016, il était sur la ligne de départ du Vendée Globe, il a parcouru en solitaire 50 200 km en 129 quatre jours et arrive bon dernier sous les hourras de la foule. Cinquante jours après le premier Armel Le Cléac'h !

Sebastien Destremau en février 2016 à Paris
Sebastien Destremau en février 2016 à Paris © AFP / JEAN MARIE LIOT / DPPI

Il était l’invité de Grand bien vous fasse et a évoqué la solitude et le confinement.

ALI REBEIHI : "Vous connaissez bien le confinement, Sébastien Destremau. La solitude a pris pendant votre traversée une dimension presque surnaturelle au cœur des océans ?" 

SÉBASTIEN DESTREMAU : "Oui, mais il y a confinement et confinement. Le confinement quand on est seul sur un bateau ou où le confinement actuel. Il y a quand même une sacrée différence. Mais c'est vrai que la solitude ne me fait pas peur. J'y suis un petit peu habitué pour avoir passé quatre mois seul. Les quelques semaines qu'on va passer comme cela, confinés, sont intéressantes." 

En quoi est-ce intéressant ?

SD : "Parce que déjà, se retrouver dans un pays qui est à l'arrêt, c'est unique. Évidemment, c'est assez surprenant, mais je trouve que c'est une très bonne expérience à vivre pour tout le monde. 

On peut le voir de plusieurs façons : comme une punition, mais aussi le regarder par un autre bout de la lorgnette et se dire que c'est une véritable opportunité qu'on a de justement se retrouver de se poser et de prendre le temps. 

Simplement de prendre le temps. Le confinement, c’est du temps pour soi, du temps pour réfléchir à ce que l’on veut ensuite. Si on reprend dans quelques semaines la vie normale comme elle était avant, on n'aura rien compris. Cela n’aura servi à rien. Là, on peut, on peut vraiment prendre le temps de se poser pour réfléchir. Je trouve ça très bien. C'est une vraie vraie opportunité, je crois." 

Qu'avez-vous envie de dire à ceux qui vivent seuls ? 

SD : "Il y a deux solutions. Soit on attend la sortie du tunnel avec impatience et on se dit mince, ça va durer encore une semaine, encore dix jours, encore six semaines encore… Je ne sais pas combien de temps, ou bien on prend les choses au jour le jour. 

Ça fait peur la solitude. Je comprends très bien la réaction de départ. On s’interroge : « Mais comment on va pouvoir vivre enfermé comme ça pendant des jours et peut être des semaines ? » Mais c'est les premiers jours peur parce qu’ensuite on s'y habitue et c'est vraiment bien. Moi, je ne sais pas. Mais c'est vrai que ayant vécu quatre mois seul en mer, j'ai peut-être plus de facilité, certainement à vivre au jour le jour. J'en suis conscient." 

Paradoxalement, en 2016, ce Vendée Globe en solitaire vous a permis de recoller les liens, de recoller les morceaux avec certains de vos proches.

SD : "Oui, et je crois qu'on est en train de faire la même chose. Moi, je n'ai jamais passé autant de coups de téléphone et je en n’ai jamais autant reçu. On passe beaucoup de temps à discuter avec les uns les autres, à donner et à demander des nouvelles. 

Le téléphone qui sonne, c'est un bon moment. Merci à cet outil qui permet les vidéos, les visioconférences, et les réseaux sociaux. Même s’il faut être un peu prudent avec.

Je vois vraiment ce moment suspendu comme une bénédiction quelque part pour notre société et pour ceux qui ont envie d'en faire quelque chose."

Quel conseil donneriez-vos ?  

SD : "Je n’ai de conseil à donner à personne, mais profitez-en pour vous asseoir deux heures sans rien faire et laissez votre esprit vagabonder." 

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