Cette semaine, Zazie Tavitian propose à vos papilles d'embarque pour le Québec, et plus précisément Montréal, avec un des piliers de la gastronomie de la Belle Province : la poutine.

 Née dans les années 50 au Québec, la poutine est devenu un symbole culinaire de cette région nord-américaine
Née dans les années 50 au Québec, la poutine est devenu un symbole culinaire de cette région nord-américaine © AFP / David Boily

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, la poutine est un plat traditionnel québécois. Composé de frites et de fromage en forme grain ou fromage "en crotte", il est arrosé d’une sauce brune à la viande.

Alors je sais, vous allez me dire : « C’est peut-être pas le meilleur plat à manger en plein été ! ». C’est ce que je me disais aussi et puis il y a dix jours, je me suis rendue à un festival de musique à Paris en pleine canicule.  Il y avait un food truck, et plus précisément un camion à poutine. Les gens faisait la queue pour en manger donc je me suis dit que finalement, il ne fallait pas être sectaire. On pouvait manger de la poutine partout, par tout temps.

La poutine, un symbole québécois

Je dois être honnête, la première fois que j'en ai mangé, ce n’était pas à Paris. Non, ma première poutine, je l’ai dégustée dans les règles de l’art, c’est à dire au Québec, à Montréal, en janvier. Il faisait -15°C et j’avais traversé la ville pour allez m’attabler à La Banquise. C’est une "poutinerie", donc un endroit où on ne mange que de la poutine.

Là-bas, on peut déguster la poutine classique, mais aussi des poutines un peu plus élaborées. Ou un peu plus trash, avouons le, comme la T-Rex avec, en plus des ingrédients habituels, du steak haché, des poivrons, du bacon et une saucisse à hot-dog. Ou encore la kamikaze avec saucisses, merguez, piments forts et tabasco ! Je peux vous dire que même par grand froid ça réchauffe, après vous pouvez marcher tranquille dans les rues de Montréal.

La Banquise est ouverte 24h sur 24. En parlant avec des Québécois, j'ai appris qu’en fait on mangeait souvent la poutine sur les coups de 3-4 heures du matin, histoire d'éponger un peu si on a fait la fête avant et qu’on a un peu bu ! 

La poutine : les origines

Le mot "poutine" serait un dérivé du mot anglais "pudding" qui désigne aussi un mélange un peu hétéroclite. Toutes les villes du Québec se battent pour s’en attribuer la paternité. Disons que pour les Québécois, c’est toujours dans leur ville natale qu’elle est la meilleure.

Ceci dit, si vous êtes au Québec et que vous voulez vraiment tester la meilleure poutine, chaque année, en février, se tient à Montréal la Poutine Week. C’est un peu leur fashion week à eux mais avec du fromage fondu et où les amateurs votent pour leurs poutine préférées. Vous avez donc les résultats dans chaque grande ville du Canada. Cette année, on pouvait aussi voter pour la meilleure poutine française ! Et les résultats des concours sont toujours disponibles sur le site de la Poutine Week. Car oui, depuis quelques temps, la poutine se met aussi à débarquer dans notre pays.

La France, terre d'adoption de la poutine

Assez étonnement, les Français aiment beaucoup. J’ai pu interviewer Jocelyn, qui est patron d’un bar à bière et restaurant à Paris, Le Triangle. Il est Québécois et il met la poutine à la carte de son restaurant, une fois par mois. Cette soirée poutine mensuelle a eu un tel succès qu’il s’est mis à servir sa poutine tous les jours. 

Cette année a aussi ouvert à Paris La Maison de la poutine, où l’on ne mange que ça. Six mois après l’ouverture les gens continuent à faire la queue ! 

Toutes les villes de France ont désormais leurs restaurants spécialisés en poutine.

La poutine : est ce que c’est bon ?

J’avais vraiment trouvé ça délicieux quand je l’avais mangé par -15°C à Montréal. En revanche, en plein été, c’est un plat peu plus difficile.

Pour le reste, c’est un plat très simple. Si les frites sont faites maison, que le fromage "skouik-skouik" est bon et que la sauce à la viande est une vraie sauce et pas une sauce en poudre, je dois avouer que la poutine devient assez addictive.

Alors oui, ce n'est pas le plat le plus délicat du monde. C’est un plat d’origine rurale que l’on mangeait sûrement pour se réchauffer mais après avoir longtemps été moquée, la poutine est maintenant complètement assumée et considérée comme un plat traditionnel par les jeunes Québécois. Elle a même été servie à la Maison Blanche pour un dîner entre  Justin Trudeau et Barack Obama.

Évidemment, il faut tester une poutine si vous partez en voyage au Québec. Mais j’aimerais préciser qu’il y vraiment aussi beaucoup d’autres choses à manger au Québec, comme à Montréal par exemple, qui est une ville très active en gastronomie avec un terroir très riche et une jeune génération de chefs inventifs.

Aller plus loin :

LIRE AUSSI Les 3 règles d’or pour déguster la poutine !

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