Un dicton nous assure que les tailles de mars sont les plus efficaces… pourvu qu’elles soient accomplies dans les règles de l’art du jardinage. Nous sèmerons aussi, à tout vent et avec la Lune, les bonnes graines emplies de promesses, et, comme les arbres, nous ne nous laisserons pas abattre !

Forsythia
Forsythia © AFP / Horst Ossinger - DPA - Picture Alliance

En ces temps de confinement, le moindre lopin, chaque jardinet, tout petit terrain herbeux peut se transformer en refuge bienfaisant ou en zone expérimentale et, en tout cas, en havre de paix.

Car, on le sait bien, le contact avec la Nature rend heureux et le poète voit le cœur ou l'âme comme un jardin.

Souvenons-nous, émerveillés, du fameux jardin d'Eden où rien ne manquait, où fleurs, herbes et fruits poussaient à foison et où l'Homme vivait heureux ! Bien plus loin encore, dans le premier récit connu, celui de la légende de Gilgamesh, évoquons cette plante d'immortalité que le héros, hélas, se verra arracher par un serpent.

Cultivons notre jardin, oui, tout comme celui qui, intérieur, révélera ses fruits, un jour. On compte sur vous pour faire exister ce jeu de miroir, avec toutes ces expressions de notre langue riche : 

  • se cultiver, 
  • être dans la fleur de l'âge,
  • pousser comme une mauvaise graine,
  • tomber dans les pommes,
  • envoyer quelqu'un sur les roses.

Et comme on disait dans l'ancien temps :

N'oubliez pas de vous jardiner !

Forsythia, le robuste

Au jardin, ses branches ornées de fleurs jaunes font du robuste forsythia un arbuste annonciateur du Printemps et, oserais-je ? Un symbole de ses prémices. Regardez bien ses branches gracieuses, aviez-vous remarqué que la floraison, du jaune d'or au jaune plus discret, apparaît avant tout feuillage ?

Les variétés cultivées résistent aux grands froids secs, jusqu'à −25 °C, et ont besoin de très peu d'entretien, on les qualifie à juste titre de rustiques. Que vous ayez choisi de le garder en pot, de l'isoler ou de créer une haie vive, placez votre arbuste au soleil ou bien légèrement à l'ombre, dans un sol frais et riche.

Dans votre jardin confiné, votre forsythia pourra être à votre image, bien taillé ou libre de ses mouvements !

Si vous préférez la liberté, laissez-le vivre et atteindre trois mètres de large et de hauteur, mais si vous aimez le geste de la taille, accomplissez-la juste après la floraison.

La première année, pour que votre forsythia reste bien harmonieux dans ses ramifications, ne taillez qu’à 10 ou 20 cm du sol. Lorsque votre arbuste atteindra ses huit ans, ce que l’on vous souhaite, il sera recommandé de le tailler au ras du sol.

N’ayez pas peur, votre forsythia n’en repoussera que plus vigoureux !

Il existe des formes naines de forsythia que vous pouvez laisser en pot ou pas ; parmi ces variétés, certaines s'étendent naturellement, et recouvriront le sol de votre superbe jardin confiné.

Sous la Lune nouvelle, les semis ?

La Nouvelle Lune vous propose de ne jardiner… que vous-même, oui, parce qu'en ce jour précis, il vous est conseillé de reporter toute intervention au jardin. Plongez-vous plutôt dans un livre de jardinage, celui de Martine Laffon, par exemple, intitulé, Cultiver son petit jardin intérieur.

Cet ouvrage, traversant le temps ancien des hortus jusqu'à notre époque, est une ode au jardin qui est bien souvent le reflet de notre état intérieur. La philosophe démontre comment l'idée originelle du jardin, même rêvé, a influencé la conception mentale de ce lieu au cours du temps, et de façon universelle.

La plupart des graines sont semées vers la fin du mois de mars.

En effet, les jours qui suivent cette Lune nouvelle, vous pourrez effectuerà votre gré, tous vos semis de laitue, de chicorée, de radis, de panais, de chou, de fève, de betterave rouge, de céléri, de pois, de navet, d'épinard ou de poireau (ce dernier étant repiqué seulement fin juin pour la récolte d'automne-hiver).

Dans une terre meuble et à nu, formez des trous de 2 cm de profondeur, placez une graine dans chaque trou, recouvrez de terreau tamisé, tassez à peine et arrosez légèrement avec un vaporisateur.

Toute cette opération doit se faire en douceur, vos graines vous remercieront !

Surtout ne mettez pas d'engrais, ajoutez du compost bien mûr, ou du fumier, deux substrats que vous n'enterrerez pas, sur un semis ni trop serré, ni trop profond.

Pour creuser plus profond le sujet

📖 LIRE : Cultiver son petit jardin intérieur, de Martine Laffon, paru aux éditions Flammarion.

🎧 ÉCOUTER : La Main Verte, une chronique d'Alain Baraton sur France Inter, tous les samedis et dimanches matins.

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