Si, au jardin comme dans notre promenade d’une heure, les primevères nous ravissent, les hortensias, reines du jardin, nous subjugueront dès le mois de juin et attendent de nous, pour l’instant, quelques soins. Jardinons et promenons-nous, en ce temps de confinement.

La primevère officinale, appelée communément "coucou"
La primevère officinale, appelée communément "coucou" © Getty / Raimund Linke / collection Photodisc

Souvenez-vous toujours que, selon Alain Baraton le sage : 

Le jardin est un lieu de plaisir, un lieu de détente, un lieu où vous pouvez laisser s’exprimer vos envies créatrices et où vous pouvez planter ce que vous voulez.

Respectez juste les distances de plantation pour éviter les mauvaises surprises lorsque vos plantes auront atteint leur taille définitive ! Et surtout, au cours de votre journée confinée, ménagez-vous un peu de temps pour vous connecter à la Nature, que ce soit au jardin ou pendant votre heure de promenade. 

Détendez-vous et respirez le doux parfum des primevères… Primavera qui signifie, en latin, printemps, premier et primevère, un mot qui sonne comme une fête ! 

Les primevères surgissent le long des chemins, parsèment, de couleur les sous-bois et décorent aussi nos jardins. Elles jaillissent de partout ! 

Les hortensias, eux, embelliront votre jardin confiné - osons espérer que dès lors, il ne le sera plus - à partir du mois de juin. En attendant la floraison, en cette fin mars-début avril, ils réclament des soins indispensables à leur croissance harmonieuse.

La ravissante primevère  

Ces annonciatrices du joli temps revenu comptent 400 espèces répertoriées, donnant des milliers de variétés et un nombre incalculable d’hybrides. Blancs, roses, bleus, violets, rouges, oranges, jaunes, les pétales colorés des primevères se détachent sur l’herbe verte et apaisent bien des soucis, une véritable chromothérapie !

Au jardin confiné, laissez-les vivre et réjouissez-vous du spectacle ! Alors, ne traitez pas chimiquement votre pelouse et… attendez un peu avant de tondre, il y a parfois de belles surprises qui apparaissent au milieu d'une pelouse, à condition, bien sûr, de laisser la Nature s’exprimer. 

Sur vos chemins de promenade, vous croisez certainement des primevères, un peu différentes toutefois de celle qui poussent au jardin : il s’agit de la primevère officinale, très commune en France, plus rare vers l'Ouest de la France et vers les régions méditerranéennes.

Elle croît principalement dans les prairies et le long des chemins dans nos régions tempérées. Les enfants en font des bouquets et l’appellent « coucou » parce qu'elle fleurit à l'époque du retour du coucou, à ce qu'il paraît.

En ce printemps, sachez que les jeunes feuilles et les tendres pétales des fleurs peuvent être consommées crues ou cuites, elles apportent une saveur un peu piquante et très légèrement anisée dans votre salade verte. Les fleurs agrémentent divers breuvages, infusions ou sirop mais servent aussi d'aromates pour le vin et le vinaigre. Ses vertus expectorantes et antispasmodiques sont souveraines. 

Le botaniste Christophe de Hody, nous emmène virtuellement sur Le Chemin de la Nature :

Comme elles sont assurément comestibles, elles peuvent aussi décorer les plats chauds ou froids ou se faire confire au sucre en pâtisserie. Une idée de plus au programme du confinement, pour égayer la maisonnée !

Le bel Hortensia

En 1768, la plante, découverte en Chine par le voyageur et botaniste français, Philibert Commerson, reçut ce joli nom d’hortensia. Outre une éventuelle référence féminine, cette appellation pourrait aussi bien trouver son origine dans la traduction de « hortus » du latin, et signifiant « jardin ». 

En effet, les Chinois et les Japonais cultivaient depuis longtemps déjà des variétés de cette plante aux lourdes grappes fleuries. On l’appelle communément « hortensia » mais en réalité, c’est juste son petit nom, tout comme la primevère officinale se prénomme « coucou » !

Le véritable nom de cette fleur magnifique qui embellit nos jardins et les façades de nos maisons depuis près de 300 ans, est « hydrangea », en référence à sa forme en cruche d’eau. Et justement, il suffit de vous rappeler cette étymologie pour ne jamais oublier que le premier soin à donner à votre hortensia est l’eau, car toutes les variétés d’hydrangea ont besoin d’un arrosage abondant.

Hormis les variétés à fleurs blanches, la couleur des fleurs dépend de l'acidité du sol dans lequel la plante est installée. Elles peuvent être également bicolores : rose/blanc, vert/jaune ou crème/marron. Pour raviver l’exubérance de leurs couleurs, Alain Baraton vous conseille une petite astuce peu onéreuse : répandez un peu de brique pilée autour du pied de votre hortensia. 

Pour la taille qui s’effectue après la floraison, sachez que vous pouvez, si vous habitez dans les régions plus froides de l’hexagone, opérer en ce début de Printemps.

Dégagez bien votre buisson, supprimez sans ambages les tiges plus âgées, et coupez pour 30 cm des tiges plus jeunes en taillant juste au-dessus des bourgeons les plus dodus.

Pour continuer le chemin :

  • Écoutez l’émission La Main Verte d'Alain Baraton sur France Inter.
  • Prenez virtuellement Le Chemin de la Nature, un site créé par un botaniste de terrain, Christophe de Hody, qui vous dit tout sur les plantes sauvages et leurs usages, en particulier à travers de courtes vidéos passionnantes.
  • Lisez le très beau livre de Caroline Mollie, Des arbres dans la ville, l'urbanisme végétal, co-édité par Actes Sud et La Cité Verte. Documents anciens, dessins clairs, trois-cents photographies, et le regard lumineux de l'auteure sur les arbres qui nous entourent. passionnant en ces temps de réchauffement climatique.
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