Depuis le début du confinement, c’est toujours depuis son bureau dans le magnifique parc château de Versailles qu’Alain Baraton, notre jardinier, nous livre ses pensées fertiles et le fruit de ses recherches. Revenons au bon sens commun, aux dictons, mais aussi à un peu de Poésie avec nos auteurs français.

Le mois d'Avril, dans le calendrier de La Belle Jardinière d'Eugène Grasset (1896)
Le mois d'Avril, dans le calendrier de La Belle Jardinière d'Eugène Grasset (1896) © Getty / Print Collector

Partant pour votre promenade quotidienne, n'oubliez pas votre attestation dérogatoire et surtout, souvenez-vous du célèbre dicton : « En avril, ne te découvre pas d’un fil ! », mais savez-vous, au juste, pourquoi l’on recommande cette prudence ?

Nous pensions tous, naïvement, que le conseil valait pour nous, humains que nous sommes, sans beaucoup de protection naturelle contre le froid. Eh bien, pas que !

« Fleur d’avril ne tient qu’à un fil », ce dicton, comme le précédent, mais plus joliment tourné, attend de nous aussi la vigilance au jardin, afin que les possibles gelées de ce mois n’abîment pas vos cultures. 

Ne semez pas trop tôt, ne replantez pas trop tôt non plus, et respectez la sagesse de ceux qui connaissent les saisons : le mois d’avril peut être redoutable avec ses gelées soudaines !

D'autres dictons

D’autres conseils nous viennent du bon sens paysan, comme :

  • Il n’est pas si gentil avril qui n’ait son chapeau de grésil.
  • Il n’est jamais avril si le coucou ne l’a dit !
  • Avril le doux, quand il se fiche, est le pire de tout !
  • Avril pluvieux fait mai joyeux.

Et celui-ci : 

Au mois d’avril, la chèvre rit.

Saurez-vous les interpréter ?

Admirons encore l’inventaire de la littérature autour des beautés naturelles et faisons de notre promenade quotidienne, pour celles et ceux qui le peuvent, un moment de grâce.

Poétique du Jardin

Alain Baraton nous encourage à surveiller nos plantations, certes, et répond toujours avec faconde à nos questions, mais il nous encourage aussi à relire quelques lignes, pour augmenter notre résistance à la lourdeur des jours.

Charles Baudelaire et ses Fleurs du Mal, publiées en 1861, et pour lesquelles son auteur traversa les tempêtes de l'opinion publique, pour n'être réhabilité qu'un siècle plus tard, en 1949. La majeure partie de son œuvre poétique s'y trouve.

Anatole France, l'un de nos plus grands auteurs de la IIIe République, admiré par Proust lui-même, confiait à sa plume qu'il ne fallait pas tant vivre dans les livres que dans la Nature, et poétisait à loisir, ainsi :

C'est en croyant aux roses qu'on les fait éclore.

Raymond Queneau et son trop méconnu Battre la campagne, en collection Blanche chez Gallimard, ouvrage dans lequel le poète, se retournant vers son enfance, se souvient d'une campagne aimée. Souvenirs et questionnements se présentent sous forme de poèmes avec cet humour particulier à Queneau, jouant avec les mots ou les réinventant.

Quand on examine le vaste monde, ses beautés, ses tristesses, ses aléas, on se demande, on se demande, à quoi rime tout cela.

Sans oublier notre poète parmi les poètes, Jacques Prévert, qui osa :

Le vrai jardinier se découvre devant la pensée sauvage

Comment comprenez-vous cette "pensée" ?

Botaniste de père en fils

Parmi ses trouvailles, Alain Baraton nous fait également découvrir un certain Alphonse Pyrame de Candolle (1806-1893), botaniste franco-suisse, dont le père était botaniste et dont le fils le fut aussi ! 

Avec Charles Darwin, Alphonse Pyrame de Candolle se trouve être l'un des rares scientifiques du XlXe siècle à s'intéresser aux plantes cultivées à partir d'espèces sauvages. 

Son ouvrage, Origine des plantes cultivées, publié en 1883, montre une approche pluridisciplinaire avec, outre la botanique, l'archéologie et la linguistique. 

L'érudit botaniste, faisant feu de toutes disciplines, et productif en publications scientifiques, avait aussi écrit un livre sur une pomme de terre venue du Mexique, et inventé  la Phytographie, ou l'Art de décrire les végétaux considérés sous différents points de vue.

Tous les jardiniers devraient connaître et remercier Alphonse Pyrame de Candolle, génie botaniste et bienfaiteur de l'humanité jardinière !

Pour prolonger le chemin

📖 LIRE : Sur le riche site de Gallica, vous pouvez trouver le livre d'Alphonse Pyrame de Candolle, dans la troisième édition en version augmentée, datée de 1886, de son remarquable ouvrage Origine des Plantes cultivées ! Merci Gallica !

🎧 ÉCOUTER : La Main Verte d'Alain Baraton, Poésie printanière.

📖 LIRE : La revue Les 4 Saisons, le magazine de jardinage bio de Terre Vivante*, fête ses 40 ans de débats, d'expertises et de conseils dispensés au fil des 100 pages de la revue, qui s'appuie sur des savoir-faire variés.

(* Terre vivante est une entreprise coopérative (SCOP) engagée au service de l'écologie depuis près de 40 ans).

Découvrez la revue et ceux qui la font dans cette vidéo !

leur slogan est :

Les mains dans la terre, la tête au vert !

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