Si rien n'est encore tranché, la mairie de Paris étudie sérieusement la mise en place d'un stationnement payant pour les deux-roues motorisés. En plus des ressources financières attendues, la ville entend réduire la pollution causée par ces véhicules.

Des scooters garés dans une rue du XVIe à Paris
Des scooters garés dans une rue du XVIe à Paris © Radio France / Sébastien Sabiron

Bientôt la fin de l'insouciance pour les motards et les scootéristes ? Chaque année plus nombreux pour échapper aux embouteillages monstres d'Île de France, ils étaient jusqu'ici dispensés de payer le parcmètre, autorisés à se garer sur des places de stationnement classiques en plus des 50.000 places qui leur sont dédiées dans la capitale. 

Mais la situation pourrait rapidement évoluer, conformément aux promesses de campagne de l'écologiste David Belliard, désormais adjoint en charge de la transformation de l’espace public, des transports et des mobilités. Si rien n'est arrêté, "toutes les pistes sont étudiées", précise la mairie de Paris qui mise sur une future consultation citoyenne pour emporter l'adhésion des usagers envers cette mesure potentiellement explosive.

La crainte d'une pluie d'amendes

Avec 100.000 deux-roues motorisés en circulation chaque jour dans la capitale, les futures recettes pourraient dépasser les 30 millions d'euros par an. L'équipe d'Anne Hidalgo affiche également sa volonté de vouloir réduire la circulation de ces véhicules, qui génèrent de la pollution atmosphérique et auditive. 

Dans les rues de Paris, la mesure semble diversement appréciée. Si Dominique est prêt à payer pour garer son scooter trois-roues "au nom de l'équité avec les automobilistes", le sexagénaire redoute des tarifs prohibitifs qui nuiraient surtout "aux livreurs déjà payés au lance-pierre". Plus loin, Wassindou, technicien d’ascenseur, appréhende un déluge d'amendes, lui qui doit déjà souvent se garer sur des places livraison et dont le salaire de 1.500 euros est régulièrement grevé par des contraventions. 

Wassindou, 20 ans, technicien d'ascenceur
Wassindou, 20 ans, technicien d'ascenceur © Radio France / Sébastien Sabiron

De son côté, si elle reconnait le caractère polluant des moteurs thermiques, la Fédération Française des Motards en Colère redoute une mesure sanctionnant "une mobilité qui devrait être promue". Pour son coordinateur en Île-de-France Jean-Marc Belotti, "Un deux roues, c'est une voiture en moins. Ce mode de transport fluidifie le trafic congestionné d'Île de France et en cela, génère moins de pollution. En outre, si les Parisiens peuvent faire du vélo, ce sont une fois de plus les banlieusards qui souffriront de cette mesure".

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