Qu'est-ce qui pousse un enfant à trépigner, hurler, se rouler par terre ? C’est la question posée par la petite Clémence, quatre ans, au micro des P’tits bateaux, l’émission dominicale de France Inter présentée par Noëlle Bréham qui répond aux questions des enfants.

Les enfants font-ils des caprices ?
Les enfants font-ils des caprices ? © Getty / L Ancheles

La réponse de Jeanne Siaux Facchin, Psychologue, psychothérapeute, et fondatrice des centres de psychologie intégrative Cogito’Z : 

Jeanne Siaux Facchin : "On dit des enfants qu'ils font des caprices. Je crois qu’à quatre ans, ce n’en est vraiment pas. Ce sont des mots d’adultes.

Lorsqu’on a très peur, que l'on est très triste, ou en colère, les fonctions exécutives situées dans le cortex préfrontal se mettent en marche. C'est l'endroit du cerveau qui permet de comprendre, d'analyser, de relativiser, et de trouver des solutions. Mais cette zone commence à être active à partir de l’âge 5 ans environ. 

Auparavant, c’est le système limbique du cerveau qui intervient en cas de forte émotion. C'est une zone très profonde du cerveau, située près des amygdales, et de l'hippocampe. Ce système fonctionne dès la naissance. Ce qui veut dire que, bébé, on est beaucoup dans les émotions. 

Donc, quand on est petit, face à une trop grande quantité d'émotions, la seule possibilité, c'est de pleurer, de crier, ou de demander très fort. Cela peut aller jusqu’à se rouler par terre tellement on est énervés. 

Mais on ne fait pas un caprice. 

C'est seulement que l’on ne peut pas faire autrement quand on est petit pour pouvoir dire : « là, s’il-te-plaît, j'ai besoin que tu m'aides. J'ai besoin de toi. J'ai besoin que tu comprennes ce qui est en train de se passer. Et tu vois, je n'ai pas d'autres façons de le dire que d'être dans toutes ces émotions. »

Avant cinq ans le caprice n’existe pas

Avant, cinq ans, il n’y a pas de la part de l’enfant une stratégie pour obtenir quelque chose. Il est submergé par une contrariété, une tristesse ou quelque chose qui le dépasse. Il faut oublier cette idée de manipulation à laquelle croient beaucoup de parents, persuadés que leur enfant le fait exprès. 

Jusqu'à 5 ans, l’amygdale la zone, qui décode les émotions est à maturité, mais le cortex préfrontal qui organise notre intelligence supérieure (analyse, mise à distance, contextualisation, comparaison avec d’autres situations… ) n’est pas mature. Le cerveau de l'enfant "n'est pas câblé" pour pouvoir réguler les émotions qui le submergent. Si en plus l'adulte vient réprimander l'enfant et le gronder en disant : « Arrête de faire des caprices », c'est une grande violence émotionnelle pour l'enfant."

🎧  ECOUTER | Les p'tits bateaux sur les caprices

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