Au moment où les familles vont se réunir pour le réveillon, petit tour d’horizon des sujets qui risquent d’enflammer votre soirée. Manuel de survie en situation de crise familiale.

Oh non, on avait dit pas le sapin.
Oh non, on avait dit pas le sapin. © Getty / Reto Jeger / EyeEm

Il y a deux stratégies. Réfléchissez bien avant de choisir la vôtre. De cela peut dépendre la solidité de vos liens familiaux, et peut-être même votre part d’héritage. 

Les gilets jaunes : faut-il en parler au début de soirée ou attendre ? Occulter le sujet n’étant plus une option, il va falloir y aller courageusement à un moment ou à un autre.  

En parler au plus vite, dès l’apéritif, a le mérite de l’honnêteté pour tenter de désamorcer l’inévitable crise. Cela implique aussi des risques majeurs : le clash d’entrée de jeu, la dissipation fulgurante de l’esprit de Noël, la bonne humeur évanouie, la soirée interminable et centrée sur les manifestations "hein… alors elles sont de quel côté les violences, hein ? "..

À l’inverse, il y a ceux qui vont attendre (lâchement) que l’alcool fasse son effet pour rendre les propos de moins en moins cohérents, et surtout pour éviter de se souvenir de l’intégralité de l’échange.

Cette deuxième option est à privilégier en ces temps de crispation généralisée. Votre diabète vous en voudra, votre rythme cardiaque vous en saura reconnaissant. Apprenez à mieux connaître votre corps avant de choisir l’une des deux possibilités. 

RIC, PMA, ME TOO, CLIMAT : TOUT EST CLASH.

Une fois ce sujet évacué, ne croyez pas une nanoseconde que le plus dur est derrière vous. La suite logique vous amènera sur le terrain miné du RIC (référendum d’initiative citoyenne). 

Pour garder une certaine acuité intellectuelle, nous conseillons de chronométrer le temps qu’il faudra pour qu’apparaisse la proposition d’Eric Zemmour et son "démariage homosexuel". N’espérez pas plus d’une minute que vous pouvez mettre à profit dans le fol espoir de sortir sain et sauf de cette conversation. 

Evidemment, comme sur tous les terrains à risque, tout est question d’appréciation du danger. 

Enchaîner sur des sujets tels que la limitation à 80km/h sur les routes, la vague "me too", les 11 vaccins obligatoires, l’Europe, Anne Hidalgo et les pistes cyclables pour les parisiens serait particulièrement osé. Un basique "c’est vraiment une très belle table ce soir" pourrait éviter un tragique emballement. 

Pour les détails pratiques, il n’est pas recommandé de venir à vélo pour cette soirée de réveillon. Tout ce qui touche à la mobilité, à la place de la voiture étant la garantie de ne plus jamais revoir Tata Jeannine, à la mine malgré tout enjouée après avoir délicieusement profité des 17 degrés de ce dernier week-end de décembre. 

Ah le dérèglement climatique, il manquait plus que ça ! Vite que la dinde arrive qu’on la dévore, et qu’on ne parle plus. Ah non pas la dinde, le petit ami de la nièce est vegan ! Ce n’est plus un réveillon en famille, c’est une réunion du conseil de sécurité de l’ONU. 

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