Comment supporter l’enfermement qui nous est imposé par le Covid-19 ? Cette semaine, nous avons vu nos vies bouleversées, et nous nous demandons comment nous allons tenir un long moment dans cette promiscuité avec notre famille et sans nos amis… Et si on allait chercher conseil du côté des habitués ?

Comment survivre à un confinement ? Les conseils de ceux qui connaissent bien ce type de situation. Ici une famille au Canada
Comment survivre à un confinement ? Les conseils de ceux qui connaissent bien ce type de situation. Ici une famille au Canada © Getty / lisegagne

Astronaute, skipper ou sous-marinier, ils savent comment faire.
Jean-Francois Clervoy, astronaute, Francois Gabart le skipper vainqueur du Vendée Globe 2012-2013, et qui a battu le record du tour du monde en solitaire à bord de son trimaran en 2017, la journaliste Nathalie Guibert qui a passé un mois dans un sous-marin nucléaire de la Marine nationale, Catherine Tourette Turgis chercheuse au conservatoire national des arts et métiers, la journaliste Sophie Bécherel , spécialiste des question scientifiques à France Inter, et le psychiatre Florian Ferreri, praticien hospitalier à l'Hôpital Saint-Antoine à Paris. Ils étaient les invités de l'édition spéciale de Grand bien vous fasse avec Daniel Fiévet.

Avoir en tête le but de ce confinement

Savoir pourquoi nous nous coupons du monde est ce qui va nous aider à tenir dans la durée. L’astronaute Jean-François Clervoy explique : « Si nous, les astronautes, on accepte le confinement d’une navette spatiale ou de la station spatiale internationale, c’est parce que nous savons que c’est la condition inévitable de la réussite de notre mission ». Confinés, nous devons, nous aussi, nous rappeler que nous nous enfermons pour nous protéger les uns des autres. Le psychiatre Florian Ferreri rappelle que « se confiner est le moyen de réussir à lutter contre le Covid-19.». 

Se donner un cadre

Jean-François Clervoy : « Les astronautes l’apprennent souvent à leurs dépens : en apesanteur, il faut être organisé pour ne pas perdre ses objets ». Pour survivre à plusieurs dans un cadre restreint et diminuer les contraintes de la promiscuité, tous les intervenants ont insisté sur la nécessité d’avoir un cadre, une organisation. Elle peut être décidée en famille avec un emploi du temps qui organise les activités, le temps à soi, et l’espace pour chacun. C’est ce qui va limiter les tensions. Nous sommes samedi, le réveil peut être plus tardif, mais dès lundi, reprise du télétravail ou des devoirs. 

La journaliste Sophie Guibert a tiré de son observation de la vie enfermée dans un sous-marin l’importance d’avoir des rituels et de recréer une routine pour ne pas perdre la notion du temps. Organiser des moments festifs, même en tout petit comité, aider à garder le lien. 

Prendre soin de soi

Enfermés, nous allons vite souffrir du manque de lumière. C’est pourquoi Florian Ferreri préconise de sortir la tête de son appartement une demi-heure par jour depuis sa fenêtre ou sur son balcon, ou de s’installer dans son jardin lorsqu’on en a un. 

On fait du sport : 

On arrête de prendre son vélo pour un porte-manteau, et on s’entretient, c’est bon pour le corps, mais aussi pour le moral. 

📖 LIRE I Faire du sport à la maison : comment faire bouger sa vie de confiné ?

François Gabart, qui a énormément souffert du manque de sommeil en mer, conseille de profiter de ce moment suspendu pour bien dormir. C’est réparateur et cela aide à tenir sur le long terme.

Prendre soin des enfants et garder un lien avec les autres

Catherine Tourette Turgis conseille d’observer les enfants pour repérer les signes d’angoisse : irritabilité, tristesse, changement de comportement, maux de tête inexpliqués doivent alerter. L’universitaire conseille d’expliquer aux petits ce qu’il se passe, mais de limiter l’exposition médiatique. On peut leur répéter les raisons du confinement et leur rappeler qu’ils sont en sécurité. 

On peut appeler ses proches, ou se servir des moyens modernes de visioconférence pour "se voir". 

Garder un lien avec la nature

Pour cela, Sophie Becherel conseille de se « régaler du chant des oiseaux que l’on peut à nouveau entendre dans les villes », tandis que Jean-Francois Clervoy se rappelle de la joie des astronautes devant des plants de salades qu’ils avaient plantés dans la station spatiale. On peut faire pousser quelques plantes vertes, de la salade ou des fleurs. C’est rassurant de voir du vivant évoluer et s’adapter.

Se méfier des fake news

Florian Ferreri explique : « En situation de confinement, l’anxiété des individus grimpe, ils sont donc plus réceptifs aux nouvelles, fausses ou exactes. » La journaliste Sophie Becherel a rappelé la démarche à suivre face aux fake news : 

On se sert de son bon sens, on exerce son esprit critique et on cherche la source des informations. On va chercher l’information scientifique sur des sites officiels comme celui de l’Inserm ou sur des sites sérieux comme le Café des sciences.

📖 LIRE I Le décryptage des fake news sur France Inter

S’évader et rêver

On peut profiter de ce temps libre pour s’évader : les conseils de lecture, de concerts à visionner, de séries à rattraper, de films à découvrir à la télévision ou en ligne ne manquent pas. 

On peut saisir ce moment exceptionnel « pour rêver ou réfléchir au sens de sa vie » conseille Florian Ferreri. 

Farida, une auditrice qui est à la maison depuis plus longtemps suite à une mauvaise blessure, parle de « s’abriter dans son abri intérieur ». 

François Gabart dit aussi « qu’on peut tenir grâce à la perspective de pouvoir à nouveau marcher, voir des amis, et que tout cela prendra alors une saveur nouvelle. »

🎧 ECOUTER I Grand bien vous fasse avec Daniel Fiévet

Ecrire, faire de la musique ou de la cuisine... Retrouvez tous les conseils sur le coronavirus et le confinement  de Grand bien vous fasse délivrés cette semaine dont l'éclairage du neuropsychiatre Boris Cyrulnik 

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