Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, les prescriptions de Prep ont chuté de 80%. Ce traitement permet d’éviter d’être contaminé par le VIH. Mais à partir du 1er juin, plus besoin de se rendre à l’hôpital pour l'obtenir, un médecin de ville peut le prescrire.

Une étude française menée pendant trois ans sur 3000 patients en Île-de-France a révélé une efficacité du médicament de presque 100%.
Une étude française menée pendant trois ans sur 3000 patients en Île-de-France a révélé une efficacité du médicament de presque 100%. © Maxppp / Rungroj Yongrit

C’est une avancée majeure dans la lutte contre le Sida, alors qu’il y encore au moins 6 000 nouvelles contaminations par an en France. À partir de mercredi 1er juin, un excellent moyen de prévention devient mieux accessible : la Prep, la prophylaxie pré-exposition. Ce médicament permet d’éviter une contamination dans plus de 90% des cas. Il va pouvoir être prescrit par un médecin de ville, "que ce soit en renouvèlement d’ordonnance ou en primo-prescription", comme l'a rappelé le ministre de la Santé fin mai sur son compte Twitter. 

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Trop peu de prescription 

Depuis le début de la crise sanitaire, les premières prescriptions de ce traitement ont chuté de 80 %. Jusqu’à présent, pour en bénéficier, il fallait aller dans un centre gratuit de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) ou à l'hôpital. De quoi décourager les patients alors que les hôpitaux sont saturés à cause de l’épidémie. Les médecins de ville n'avaient pas le droit de réaliser cette prescription.

"La crise sanitaire a mis en évidence la chute de l'activité de dépistage du VIH (-10%) et des IST bactériennes (-6%) en 2020, et la diminution du recours à la PrEP", estime le ministère de la Santé. "Il y a eu 650 000 dépistages", du VIH de moins depuis le début de l'épidémie, avait alerté la présidente du Sidaction en mars dernier.

La Prep, comment ça marche ?

Ce médicament est composé de deux antirétroviraux dans un même comprimé. Il peut être pris de deux façons : soit au quotidien, soit la veille d’un rapport sexuel non protégé puis pendant les deux jours suivants. Selon l'association Aides, "quand le médicament est bien pris selon le schéma indiqué, le risque de contamination est infime".

La Prep est disponible en France validé depuis 2016, mais il y a trop peu de bénéficiaires. Moins de 30 000 patients sont recensés, ce qui est insuffisant pour casser les transmissions. Son usage reste également insuffisant chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Il est quasi anecdotique auprès des autres publics. Par exemple, il y a seulement 3% de femmes.

Une étude française menée pendant trois ans sur 3000 patients en Île-de-France a révélé une efficacité de presque 100%. Seules six infections à VIH étaient à déplorer, parce que le traitement avait mal été suivi. "Il faut changer d'échelle", réclamait d'ailleurs il y a quelques semaines le Conseil national du Sida et des hépatites virales. Le voilà entendu. 

Mais faciliter cette prescription est une chose, savoir que la Prep existe en est une autre. Seule l'association Aides a mené une campagne d'information grand public, en 2018.

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