Il y a deux ans, la parole des femmes se libérait autour des violences gynécologiques. Beaucoup d’entre elles avaient fait part des traumatismes subis lors d’un accouchement ou d’une consultation. La profession tente aujourd’hui de faire avancer les choses.

Un accouchement à l'hôpital Cochin à Paris.
Un accouchement à l'hôpital Cochin à Paris. © AFP / APHP-Cochin-Voisin

Il y a deux ans, explosait la fronde des violences gynécologiques. La parole des femmes se libérait et beaucoup d'entre elles faisaient part de la difficulté avec laquelle elles avaient vécu un accouchement ou une consultation et des traumatismes qui en avaient résulté, violences dont un rapport dressait par ailleurs l’état des lieux l’an dernier.

D'abord dans le déni, la profession a fini par admettre que ces reproches avaient un sens. Elle s'est ainsi interrogée sur ses pratiques et tente aujourd'hui d'améliorer les choses. Le Collège national des gynécologues et des obstétriciens français (CNGOF), sa société savante, est d'ailleurs en train de labelliser des maternités, jugées sur leur savoir-être et leurs bonnes pratiques

12 critères de qualité de prise en charge

Premier constat : le collège des obstétriciens confesse que les reproches adressés à la profession étaient légitimes. “Nous avons été trop centrés, dit-il, sur les organes et la maladie, pas assez sur le savoir-être”. 

Pendant des mois, le collège a donc écouté les femmes et leurs représentantes. “Respectez l’intimité et la pudeur des gens, c’est ça que les femmes nous demandent”, estime Amina Yamgnane, gynécologue obstétricienne et membre du collège des obstétriciens. “La façon de s'amener, professorale, en mode ‘j’ai le savoir et le pouvoir donc madame vous vous écrasez’est à bannir absolument, juge-t-elle. 

Partant de là, le collège a élaboré 12 critères de qualité de prise en charge. Si elle respecte ces 12 critères, une maternité pourra obtenir un label qualité, à renouveler chaque année sur la base des retours qu'en feront les patientes.

Généraliser l'entretien prénatal précoce

Parmi ces critères, un taux d'épisiotomie et de césarienne raisonnable ou encore une formation de tous les personnels à la bientraitance, du standardiste jusqu'au médecin. Un autre critère très important est le respect par l'équipe médicale de l'entretien prénatal précoce au premier trimestre de grossesse, trop souvent oublié, regrette Israël Nisand, président du collège des obstétriciens. 

20 % des femmes en ont eu un dans notre pays l’année dernière… mais j’aimerais 90 %”, détaille-t-il.L’entretien prénatal précoce a été mis en place en 2006 pour détecter les situations qui doivent entraîner, de notre part, une prise en charge très particulière des femmes fragiles” termine Israël Nisand.    

Le but du label, qui vient d'être mis en place, est donc d'inciter de plus en plus de maternités à s'imposer les bonnes pratiques. Le collège espère que d'ici un an, la moitié des femmes accoucheront en France dans une maternité labellisée. 

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