Une étude montre que, sous l'effet de la chaleur de l'eau, les sachets de thé en plastique libèrent de très grandes quantités de micro-plastiques et des nano-plastiques, que nous ingurgitons sans le savoir.

Sous l'effet de la chaleur, les sachets de thé en plastique libèrent des particules de plastique. Préférez donc ceux en papier.
Sous l'effet de la chaleur, les sachets de thé en plastique libèrent des particules de plastique. Préférez donc ceux en papier. © Radio France / valeria emanuele

Votre thé, vous le préférez légèrement infusé, bien noir, avec ou sans nuage de lait ?

À ces préférences gustatives, il faut désormais ajouter "avec ou sans plastiques ?" Une étude canadienne  publiée dans Environmental Science and Technology, une revue de la société américaine de chimie montre en effet que sous l'effet de la chaleur, les sachets de thé en plastique libèrent des particules de plastique. Et pas qu'un peu.

Des particules par milliards

Dans une seule tasse de thé infusée durant cinq minutes à 95°C (ce qui correspond à l'usage, pour les amateurs), les chercheurs de l'université Mc Gill au Canada  ont retrouvé jusqu'à 11 milliards de micro-plastiques et trois milliards de nano-plastiques. Les micro-plastiques mesurent de 1 à 150 microns, soit l'épaisseur des sacs qu'on trouve au rayon fruits et légumes ou des sacs poubelles solides de 50 litres. Les nano-plastiques, eux, sont invisibles à l'œil nu tant ils sont petits.

Pour l'analyse, les chercheurs ont pris quatre marques de thé différentes. Et ils ont constaté qu'après cinq minutes d'infusion, la quantité de plastique que le sachet avait relargué dans l'eau était phénoménale. Des milliers de fois plus important que dans d'autres aliments précédemment étudiés.

La température de l'eau influe considérablement puisqu'à température ambiante, le sachet relargue 300 fois moins de plastique.

Les buveurs de thé doivent-ils s'inquiéter ?

Même si les deux types de plastique identifiés - le PET polytéréphtalate d'éthylène et le Nylon - sont autorisés pour l'usage alimentaire, ils ne sont pas sans conséquences. Testés sur des daphnies, des petits organismes aquatiques couramment utilisés en laboratoires, ces plastiques ne les ont pas tués, mais ils ont perturbé leur anatomie et leur comportement.

Il faut à présent mener d'autres études toxicologiques sur l'homme pour savoir quel impact cette ingestion de plastique a sur nos organismes. En attendant, recommandent les chercheurs canadiens, on peut privilégier le thé en vrac ou les sachets en papier.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.