Le site internet "Fantasy, retour aux sources", conçu par la BnF, met en valeur les sources auxquelles la fantasy ne cesse de puiser. Peuples imaginaires, créatures maléfiques, bestiaire fantastique, héros, prophéties, le site permet de décoder tous les ressorts de ce genre ultra-populaire.

Un troll immense et féroce, issu de la série de jeu vidéo The Elders Scrolls, apparaissant dans Skyrim (2011)
Un troll immense et féroce, issu de la série de jeu vidéo The Elders Scrolls, apparaissant dans Skyrim (2011) © Bethesda Softworks LLC

Le pouvoir des femmes, la défense de la nature, cela vous parle ? Il ne s'agit pas ici de suivre une tendance sur un fil d'actualité, mais des thèmes développés dans les créations du domaine de la fantasy, c'est à dire ces mondes imaginaires où règne la magie et où les humains cohabitent naturellement avec d’autres créatures. 

En France, près de la moitié des romans lus par les collégiens et lycéens sont des romans de fantasy, à égalité avec les romans d'aventure.

Tout cela, le site de la BnF l'explique et l'illustre, avec des citations, des textes, des images.  Sur ce site merveilleux, on vous propose de jouer, découvrir, comprendre ou transmettre. Amateurs, étudiants, curieux, professeurs, tout le monde a sa place dans cet univers foisonnant. Des images médiévales aux mondes virtuels, la fantasy se déploie de mille manières, et le site propose d'y entrer par les thèmes, les personnages, les visions du monde que ce genre a véhiculé au fil du temps. Tous les tiroirs de cet agencement de nos connaissances surgissent des écrans comme des surprises. 

Du manga aux séries télé, en passant par les documents historiques détenus dans les coffres de la BnF, on entre dans ce site comme dans une caverne d'Ali Baba !

Yannis Koïkas, directeur du multimédia à la BnF :

Pour attirer les visiteurs sans les intimider, nous avons conçu un jeu vidéo.

C'est un parcours ludique interactif, Le Royaume d’Istyad, conçu par Florent Maurin du studio Pixel Hunt, avec des dessins d'Anato Finnstark. On y visite différents mondes en résolvant des énigmes, en récupérant des objets et en questionnant divers personnages. Le but ultime est de redonner vie à un arbre, symbole de la vie sur la Terre. 

Une littérature contre la modernité ?

La fantasy s'est particulièrement développée au moment de l'ère industrielle, cet instant de l'histoire de la planète où les humains commencent à se détacher de la Nature. Ses auteurs et autrices ont puisé dans l'imagerie du Moyen Âge ou dans les mythes antiques pour remettre un peu d'irrationnel à l'heure où la raison et le réalisme s'installaient durablement dans la littérature.

Enluminure du "Recueil des histoires de Troie" (XVe siècle). Hercule fait face à un monstre marin pour défendre une princesse
Enluminure du "Recueil des histoires de Troie" (XVe siècle). Hercule fait face à un monstre marin pour défendre une princesse / BnF

L'Angleterre a été le pays le plus massivement transformé par l'industrie, il n'est pas étonnant qu'elle soit le berceau du genre. Frankenstein et Dracula sont nés sous les plumes d'écrivains d'Outre-Manche. Dans les histoires de Tolkien pour le Seigneur des anneaux, les hautes cheminées crachent leur fumée noire et se répandent comme une menace sur les campagnes. On est en 1954, il n'y a pas encore de taxe carbone au programme dans le monde réel. Nostalgique et écologique par essence, la fantasy ? Peut-être. Elle a en tout cas existé dans toutes les cultures, sous toutes les latitudes, quelles que soient les formes d'expression.

Sur ce site fantasy de la BnF, il est rappelé au visiteur que Eiichirō Oda, l’auteur de One Piece, pioche dans l’imagerie des pirates du XVIIIe siècle auquel il ajoute des éléments merveilleux et magiques, pour produire depuis 1997 la franchise de manga la plus populaire au monde. On s'y souvient que le comics américain, Conan le Barbare, est peuplé de créatures chimériques. Dès 1950, la fantasy fait son entrée dans les magazines pulp, dans la série qui s'inspire du célèbre Conan, Crom the barbarian.

En 1950, illustration par John Giunta, pour le comic "Crom, the barbarian",  dans le numéro un de Out of This World Adventures
En 1950, illustration par John Giunta, pour le comic "Crom, the barbarian", dans le numéro un de Out of This World Adventures / BnF

Feuilleter un album de monstres est aussi possible, en se glissant dans les pages destinées aux pédagogues. Même si vous n'êtes ni prof ni élève, rien n'empêche d'en profiter ici.

Un genre que la télé a su imposer

Comics, mangas, films, y-a-t-il un art qui ne fut pas tenté de tremper ses personnages dans les encres de l'irrationnel et du magique ?

La série Charmed a occupé les écrans de 1998 à 2006
La série Charmed a occupé les écrans de 1998 à 2006 / Spelling Television

Les séries télé ont assuré sa popularité grandissante à partir des années 1990. 

Highlander, Xena (grand succès auprès de la communauté lesbienne), Charmed ou Buffy contre les vampires, ne sont que quelques exemples de ces histoires qui se métamorphosent au fil du temps. Elles sont tirées de films ou de romans, sont des reboots ou des suites, permettant à des personnages secondaires de prendre de l'ampleur.

La fantasy fonctionne comme ces animaux fantastiques qui se régénèrent en permanence. Coupez-leur les pattes, elles repousseront toujours. Les personnages évoluent dans le cadre d'une quête, l'histoire principale, et vivent, avant d'y arriver, plusieurs histoires secondaires.  Pour le cas de Game of Thrones, la série et l'œuvre romanesque ont avancé en parallèle.

Le site fantasy de la BnF est donc une expérience au long cours, pleine de ressources, d'images, d'informations, qui mérite vraiment le détour et reste comme un point de repère. 

Un univers avec de multiples recoins, à l'image de ce que peut être une œuvre de fantasy

Ne manque qu'une chose : une barre de recherche à l'usage des curieux, des pointilleux et des passionnés, si nombreux parmi les amateurs du genre. "C'est un choix que nous avons fait. Les lecteurs entrent dans le site, et sont littéralemement captivés par les contenus, dans un esprit de sérendipidité. Nous comptons sur les moteurs de recherches génériques pour vous emmener à l'intérieur du site pour des recherches précises", explique Yannis Koïkas.

La mise en ligne de ce site correspond à la programmation de conférences et exposition par la Bnf. Elle met en valeur ses collections, sur son site François Mitterrand, au travers de films, musiques, séries, jeux vidéo, bandes dessinées, mangas, livres audio ou imprimés, expérience de réalité virtuelle ou borne d’arcade utilisables gratuitement tous les jours. 

Depuis les premiers jeux, Ultima, jusqu’à des séries récentes comme Dark Souls ou The Witcher, les joueurs pourront retrouver ces univers sous arcades. Un espace de réalité virtuelle permet de s'immerger dans Skyrim, le cinquième opus de la série The Elder Scrolls, un des rares jeux de fantasy ayant fait l’objet d’une adaptation pour les casques de réalité virtuelle.

Une web radio dédiée à la fantasyest diffusée sur place avec une sélection de bandes originales de jeux vidéo (Final Fantasy, Legend of Zelda…), de films ou de séries (bande-son du film Labyrinth par David Bowie et Trevor Jones), mais aussi des classiques du rock et de la chanson, inspirés par le genre. 

Bientôt les musiques ayant été inspirées par la fantasy auront aussi leur place sur ce site-repère. "De Wagner aux Beatles, en passant par Led Zeppelin, nous aurons encore d'autres histoires à raconter", conclut Yannis Koïkas.

> Ecoutez la play list Fantasy, proposée par la Bnf

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