Dans un rapport dévoilé ce vendredi, l'ONG de protection de la nature incite le gouvernement à investir massivement dans la rénovation énergétique des bâtiments, les énergies renouvelables et les transports durables.

Des techniciens à l'ouvrage sur des panneaux solaires flottants, dans le sud de la France.
Des techniciens à l'ouvrage sur des panneaux solaires flottants, dans le sud de la France. © AFP / Gérard Julien

Et si la relance verte promise par le gouvernement permettait de créer un grand nombre d'emplois ? Selon le dernier rapport du WWF réalisé avec le cabinet Ernst and Young et dévoilé vendredi, une relance axée sur les secteurs de la transition énergétique permettrait de soutenir 1 million d'emplois en France d'ici 2022 (comprendre les emplois créés et maintenus). 

Pour parvenir à cette conclusion, l'ONG a agrégé de nombreuses données, provenant de l'Ademe (l'Agence de la transition écologique), du ministère de l'Agriculture ou encore de la Commission européenne. Son rapport s’appuie aussi sur l’ensemble des propositions remises par les citoyens dans le cadre de la consultation "Inventons le Monde d’Après", ainsi que celles de la Convention Citoyenne pour le Climat.

Investir massivement dans les "emplois verts"

Et cela peut aller très vite, dit l'ONG de protection de la nature, à condition néanmoins d'investir massivement : 14 milliards d’euros par an supplémentaires sur la période 2020-2023 dans la rénovation énergétique des bâtiments, les énergies renouvelables et les transports durables.

WWF veut, à travers ce rapport, prouver au ministre de l'Économie Bruno Le Maire (qui est aussi ministre de la Relance) que la transition écologique est bénéfique pour l'emploi. Un million d'emplois, souligne l'ONG, ce serait deux fois plus qu'avec un plan de relance classique. "Ce million d’emplois, ce sont des artisans, des ingénieurs et ouvriers du bâtiment, des mécaniciens, des exploitants agricoles, des réparateurs de vélo, de logisticiens..." égrène Pierre Cannet, chargé de plaidoyer à WWF.

Des milliers d'emplois dans la rénovation énergétique et dans les transports durables 

Surtout, ces emplois seraient "non délocalisables", et à 80% en dehors de l'Île-de-France, insiste Pierre Cannet, qui donne des exemples : "Pour le secteur de la rénovation énergétique des bâtiments, un plan de relance vert permettrait de soutenir 278 000 emplois d’ici 2022, soit le double d’emplois par rapport à un un scénario lambda", explique-t-il : "Et pour  le secteur ferroviaire et des transports en commun, on parle de 126.000 emplois soutenus d’ici 2022, soit 40% de plus qu’aujourd’hui."

Nous appelons à flécher plus de 14 milliards d’investissements publics dans les secteurs de la rénovation, de la mobilité durable ou encore des énergies renouvelables. Et d’orienter les 9 milliards de la Politique agricole commune (PAC) vers la transition agricole, pour accompagner l’ensemble des agriculteurs" (Pierre Cannet, WWF)

À plus long terme, ce sont même 2 millions d'emplois qui pourraient être soutenus, selon l'ONG, mais la relance verte a un prix : pour parvenir à ce résultat, il faudrait en effet investir près de 30 milliards d'euros par an à partir de 2023.

"La crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19 a mis à nu la fragilité de nos sociétés et questionne notre modèle de production et de consommation", alerte dans le rapport Véronique Andrieux, directrice générale du WWF France : "Le gouvernement est face à un choix historique : placer l’emploi durable au cœur d’une relance verte ou enfermer l’économie dans un modèle non soutenable."

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