Le patron du groupe Intermarché annonce vouloir retirer 142 additifs de 900 produits de marque distributeur d'ici un an et demi. L'objectif : obtenir une meilleure note sur Yuka, l'application qui dévoile les compositions des produits alimentaires et qui a déjà séduit 11 millions de Français.

Un magasin Intermarché à Paris
Un magasin Intermarché à Paris © Radio France / Rémi Brancato

"Il me montre les additifs, par exemple ici il n'y en a qu'un, mais c'est un rouge, avec risque élevé : du caramel avec sulfite d'ammonium, pas très sexy comme additif !" Devant son smartphone, Marie nous montre l'application Yuka qu'elle utilise depuis quelques jours. Cette parisienne se dit prête à changer ses habitudes de consommation pour manger plus sain grâce aux conseils de Yuka. Comme elle, ils sont 11 millions, en France, à l'avoir installée sur leur téléphone.

L'application française séduit aussi depuis cette année 1,4 million d'utilisateurs dans cinq pays européens (Suisse, Belgique, Luxembourg, Espagne et Royaume-Uni). Et elle vient de faire bouger un acteur important de la grande distribution. Intermarché vient d'annoncer son intention de changer 900 recettes de ses produits de marque distributeur, afin de retirer 142 additifs potentiellement nocifs de leur composition.

Intermarché revoit les ingrédients

"Deux tiers des Français qui utilisent Yuka ont depuis douze mois décidé d'abandonner une marque ou un produit" justifie Thierry Cotillard, le président d'Intermarché, qui considère que l'engouement pour l'application n'est "pas un feu de paille, mais une tendance de fond". "En tant que distributeur il est essentiel d'être pro-actif pour avoir les produits les mieux notés possibles" ajoute-t-il. 

L'équipe de l'application se dit de son côté "ravie de constater cette volonté d'amélioration de la part d'un acteur majeur de l'industrie alimentaire française". "Nous souhaitons également pousser les industriels à proposer une meilleure offre de produits et c'est ce qui est en train de se passer aujourd'hui au travers de cette annonce, ce qui est très positif" constate son attachée de presse. Selon Yuka, 95% des utilisateurs ont arrêté d'acheter des produits contenant des additifs controversés.

Intermarché se donne 18 mois pour arriver à la suppression des additifs visés et n'exclut pas une augmentation des prix à l'achat. Son président parie sur une tendance au "mieux, mais moins" : selon lui, ces douze derniers mois, les consommateurs ont augmenté leurs dépenses de 1,6% en valeur, avec une baisse de 0,8% de la quantité. 

"Même ma mère connaît Yuka !"

"Je n'ai pas un gros budget mais je suis prête à me serrer la ceinture ou à payer plus cher pour bien manger" assure Zora, parisienne qui ne peut plus se passer de Yuka. "Cette appli je la conseille à tout le monde, même ma mère qui ne parle pas bien français, elle connaît Yuka !

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