Le ministère des Affaires étrangères déconseille formellement une centaine de zones, réparties dans une cinquantaine de pays, principalement situés en Afrique de l’Ouest et au Proche-Orient. Aucune interdiction formelle, mais les voyagistes sont légalement tenus d’informer les clients des risques potentiels.

Une partie de l'Ethiopie est "formellement déconseillée" aux voyageurs par le ministère des Affaires Etrangères.
Une partie de l'Ethiopie est "formellement déconseillée" aux voyageurs par le ministère des Affaires Etrangères. © AFP / Martial Acquarone

En dépit des avertissements du ministère des Affaires étrangères, des touristes continuent de choisir des zones "déconseillées" pour partir en vacances en passant souvent par des agences de voyage. Kévin Girard dirige l’agence Point Voyages : "parmi les destinations proposées : la Mauritanie, en partie déconseillée "sauf raison impérative" par le Quai d’Orsay. "Nous n'avons jamais lâché la Mauritanie : c'est un attachement à une population et des partenaires avec qui nous travaillons depuis 1995, et qui sont devenus des amis, presque de la famille", explique le directeur de l'agence. 

Sur le site du ministère des Affaires étrangères, des conseils sont donnés pour chaque pays. Pour la Mauritanie, on peut par exemple lire : "Il convient de tenir compte de la menace terroriste régionale dans les pays d’Afrique de l’ouest, y compris en Mauritanie. _Une vigilance accrue est nécessaire_." Même vigilance pour ce qui concerne le Mali : "La présence possible d’engins explosifs improvisés ou de mines, ainsi que les attaques fréquentes sur les axes routiers, interdit toute circulation par la route en dehors des centres urbains."

Des hôtels sont parfois visés par des groupes terroristes.
Des hôtels sont parfois visés par des groupes terroristes. © AFP / AFP

Parfois on considère que le principe de précaution est un peu trop important", Kévin Girard, directeur d'une agence de voyages

Selon Kévin Girard le directeur d'agence, malgré les préconisations, ce sont pourtant 3 000 Français qui se sont rendus au Bénin cette année : "parfois on considère que le principe de précaution est un peu trop important. Pour le dire de façon familière, on a l'impression que l'État français met parfois ceinture, bretelles, parapluies, paratonnerre, parachute... tout ce qui peut sécuriser", estime Kévin Girard. "On n'est pas non plus des têtes brûlées, on ne cherche pas à aller contre le ministère pour aller contre, mais dans ces rares cas on essaie de _faire valoir notre position et nos connaissances du terrain_."

Une grande partie de l'Afrique de l'Ouest est "formellement déconseillée" aux touristes par le ministère.
Une grande partie de l'Afrique de l'Ouest est "formellement déconseillée" aux touristes par le ministère. © Visactu / Visactu

Une obligation d'informer les clients des risques qu'ils encourent 

La Mauritanie est en partie une zone orange, tout comme le Bénin , où deux touristes français avaient été capturés en mai dernier : deux militaires étaient morts lors de leur sauvetage. Les voyages sont déconseillés dans certaines zones de ces deux pays. Mais les voyagistes sont légalement tenus d’informer les clients des risques potentiels comme le souligne Jean-Pierre Mas, président du syndicat des entreprises du voyage : "Pour les touristes qui veulent aller dans des zones potentiellement dangereuses, il appartient aux professionnels soit de les dissuader d'y aller, quand le danger est effectif, soit d'encadrer leur voyage quand le danger est maîtrisé". 

En principe, le voyageur est garanti par une assurance de responsabilité civile" Jean-Pierre Mas, président du syndicat des Entreprises du Voyage 

Le ministère des Affaires Etrangères actualise régulièrement sa carte de vigilance.
Le ministère des Affaires Etrangères actualise régulièrement sa carte de vigilance. / Ministère des Affaires Etrangères

"Il faut également demander au voyageur de s'inscrire sur le portail Ariane du ministère des Affaires Etrangères. Cela permet de répertorier les Français en voyage en cas de conflit ou de situation anormale, par exemple un tremblement de terre", préconise Jean-Pierre Mas. Les voyageurs enregistrés reçoivent des SMS ou des mails d'alerte en cas de crise dans le pays. "En principe, _le voyageur est garanti par une assurance de responsabilité civile_, et il a des contacts sur place qui lui permettent de savoir que la petite zone dans laquelle il se déplace n'est pas une zone présentant un danger potentiel."

Vous inscrire sur le portail Ariane du ministère des Affaires Etrangères permet de vous répertorier plus facilement en cas de problème.
Vous inscrire sur le portail Ariane du ministère des Affaires Etrangères permet de vous répertorier plus facilement en cas de problème. / Ministère des Affaires Etrangères
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